Euro2016 : l'Afrique compatit à la défaite française

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<span lang="fr">Un supporter français joint ses mains pendant le match en finale de l'Euro 2016 le dimanche 10 Juillet 2016 à Paris .</span></pre>
Un supporter français joint ses mains pendant le match en finale de l'Euro 2016 le dimanche 10 Juillet 2016 à Paris .
© AP Laurent Cipriani

Les journaux africains, dans leur ensemble, jugent malheureuse la défaite française. Le continent, qui salue bien entendu la victoire de la Seleçao,  évoque avec des mots choisis, souvent consolateurs le pays organisateur, jadis colonisateur, qui "a su faire vibrer et rêver toute une nation"

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« L’Afrique pleure avec la France »

Ledjely.com, site d’information guinéen, joue la carte de l'émotion " ... La France, écrit le journaliste Boubacar Sanso Barry,  pleure de déception. Et avec elle une partie du continent africain. En effet, l’équipe française, du fait des liens historiques de l’ancienne métropole avec ses ex-colonies, mais aussi en raison de la passion toute naturelle que la pratique du football diffuse dans son sillage, a des millions de fans sur le continent africain." Il  prend soin de rappeler certaines évidences.

<span>Le président français François Hollande pose avec l'équipe nationale de football français le lundi 11 Juillet 2016 Paris. </span>
Le président français François Hollande pose avec l'équipe nationale de football français le lundi 11 Juillet 2016 Paris.
(AP Photo / Thibault Camus )

Le journaliste fait ensuite l'inventaire des forces bleues. Parmi elles, bon nombre sont issues du Continent  : " Au total, ils sont 10 qui sont nés ou dont l’un ou les deux parents sont nés en Afrique, soit près de la moitié des 23 vice-champions d’Europe. Des joueurs franco-africains dont l’apport a souvent été décisif dans l’issue des rencontres livrées par les Bleus. A titre d’exemple, on rappelle que c’est par le milieu d’origine guinéenne, Paul Pogba, qu’était venu le second but libérateur en demi-finale face aux redoutables allemands. De même, le meilleur joueur de l’équipe française d’hier, Moussa Sissoko, est d’origine malienne.

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<span lang="fr">L'équipe française pose pour une photo de groupe avant le match Euro 2016 de football en demi-finale entre l'Allemagne et la France, au stade Vélodrome à Marseilel , France, le jeudi 7 Juillet, 2016. </span></pre>

L'équipe française pose pour une photo de groupe avant le match Euro 2016 de football en demi-finale entre l'Allemagne et la France, au stade Vélodrome à Marseilel , France, le jeudi 7 Juillet, 2016. 
(AP Photo / Michael Sohn )

(...) Comme ce lien symbolique qui fait que des Africains sont fiers de Barack Obama, des Sénégalais, Guinéens, Maliens, Congolais (de la RDC), Camerounais et mêmes des Angolais caressaient le rêve intime d’un autre sacre pour les Bleus. Dans tous ces pays, beaucoup se seraient reconnus dans une victoire ultime de la France, parce que celle-ci serait synonyme de victoire pour des joueurs avec lesquels on s’amuse à inventer des liens. Et cet espoir ne s’étant pas concrétisé pour Griezemann et les autres, ces supporters-là, bien que vivant à des milliers de kilomètres de la France, sont aussi affectés."

"La France a relevé le défi sécuritaire"


Le Pays, quotidien burkinabé en ligne, philosophe sur cette défaite tricolore.
Certes, la France voit s'échapper la coupe d'Europe mais elle peut se prévaloir d'une  autre victoire, celle d'une organisation sans faille, à l'heure où le pays reste sous la menace des attentats : "Cette défaite  face à une froide  équipe portugaise, va  certainement  constituer une expérience  non négligeable pour l’avenir. Mais après tout, la France n’a pas démérité. Elle qui a su faire vibrer et rêver toute une nation qui a cru en elle jusqu’au bout. Mais comme il faut bien un gagnant à cette ultime étape de la compétition, les dieux du football ont souri à la SELEÇAO. La France a perdu, certes. Mais on peut lui savoir gré d’avoir

Paul Pogba, quelques secondes après la fin du match
Paul Pogba, quelques secondes après la fin du match
(AP Photo/Michael Probst)

relevé le défi sécuritaire. Dans un contexte de menace djihadiste, tout s’est terminé sans casse et c’est à l’honneur de la France d’avoir pu assurer la sécurité des joueurs  et des spectateurs. La fête fut tout simplement belle."

"Les Bleus n'ont plus que les yeux pour pleurer" titre le journal sénégalais Enquête +  dont le journaliste  semble s'être régalé à la vision du match : "Et Eder vint crucifier les Bleus. Oui, Eder. Ce n'était pas le héros que le Portugal attendait, ou le danger que la France craignait. Mais c'est bien lui qui restera à jamais dans la légende pour avoir offert à la sélection portugaise le tout premier titre international de son histoire. (...) C'était bien le soir d'Eder. Pas celui d'Antoine Griezmann, resté muet après avoir porté les Bleus jusqu'en finale. Pas celui de Paul Pogba, encore trop neutre malgré quelques coups d'éclat. Pas celui de Moussa Sissoko, qui était peut-être le meilleur joueur français de cette finale. Pas celui de Laurent Koscielny, impeccable jusqu'à ce duel perdu devant Eder. Ce n'était tout simplement pas le soir des Bleus. C'était celui du Portugal."
 

« Le coq perdu dans sa basse-cour »

Ce titre, paru dans Aujourd'hui est une allusion piquante à la réputation des Français, volontiers surnommés les "coqs". L'animal est certes le symbole du pays mais  son fameux " Cocorico ! " est crié par certains Français pour manifester leur chauvinisme et leur orgueil. 

Jeune Afrique retient surtout le chagrin de Blaise Matuidi, " Inconsolable après la défaite des Bleus qui n’a pu retenir ses larmes alors qu’il se rendait sur le podium pour recevoir sa médaille de finaliste des mains du président de la Fédération française de football, Noël le Graët."

Enfin,  d'autres organes de presse estiment que la victoire du Portugal est aussi, un peu, la victoire de l'Afrique toute entière. 
En effet, Éder,  qui a inscrit le but décisif face à la France, est  né en Guinée-Bissau, pays lusophone d'Afrique. L'attaquant du Portugal devient le premier joueur qui n'est pas né dans un pays européen à inscrire un but en finale d'un Euro !


Éderzito António Macedo Lopes dit Éder est né le 22 décembre 1987 à Bissau en Guinée-Bissau. Ici, au moment de la finale, le 10 juillet 2016.
Éderzito António Macedo Lopes dit Éder est né le 22 décembre 1987 à Bissau en Guinée-Bissau. Ici, au moment de la finale, le 10 juillet 2016.
(AP Photo/Martin Meissner)