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Afrique du Sud : un cinéma ambulant dans les quartiers défavorisés

cinéma bidonville Afrique du Sud
©Philippe Randrianarimanana, Aude

Buhle Sithela use de tous les moyens pour réaliser son rêve : lancer un cinéma ambulant et gratuit dans certains quartiers pauvres du Cap en Afrique du Sud. Reportage. 

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Aller au cinéma, c'était son rêve de gosse. Aujourd'hui, il le réalise avec ses propres moyens et pour les autres, à Khayelitsha, le plus grand township - quartier défavorisé - du Cap en Afrique du Sud. 

A l'entrée, son jeune public s'impatiente. Le temps d'une séance, il offre à ces enfants un peu d'évasion, en toute sécurité. 

"Quand je leur projette des films le week-end, je leur crée un espace sûr pour les éduquer et pour qu'ils puissent s'inspirer du cinéma ", explique Buhle Sithela.

Effet garanti avec "Khumba", un film qui raconte l'histoire d'un zèbre rejeté par le troupeau parce qu'il n'avait que la moitié de ses raies. 
 

"Khayelitsha Poubelle Propre"

Pour que la magie de son cinéma mobile opère en tout lieu, Buhle Sithela utilise cet appareil compact de projection alimenté par l'énergie solaire. Mais pour financer tout cela, ce jeune entrepreneur utilise d'autres ressources qui n'ont rien à voir avec le 7e art.
 

Mon rêve c'est d'offrir des cinémas gratuits dans le township.

 Buhle Sithela

Une fois par semaine, il nettoie les poubelles du quartier pour 3 euros. "En nettoyant des poubelles pour seulement 50 rands, mon idée était que j'allais prendre l'argent du nettoyage des bacs et l'utiliser pour acheter un projecteur, puis des enceintes afin d'avoir mon propre cinéma, car mon rêve c'est d'offrir des cinémas gratuits dans le township", raconte Buhle Sithela. 

Ce projet-là, Buhle Sithela et ses amis, l'ont intitulé Khayelitsha Poubelle Propre, et ils espèrent reproduire ce modèle à travers le pays. Un travail plutôt ingrat, pour un salaire modeste. Mais un rêve d'enfant des townships, ça n'a pas de prix.