Alain Mabanckou : l'Afrique entre au Collège de France

©TV5MONDE/propos recueillis par Patrick Simonin

Alain Mabanckou, écrivain franco-congolais, prononce sa leçon inaugurale devant le Collège de France, ce jeudi 17 mars, en l'absence du ministre de la Culture du Congo. Un impair selon l'écrivain, qui a choisi le thème "de la littérature coloniale à la littérature négro-africaine" pour son discours. Entretien.

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Avec l’écrivain Alain Mabanckou, l’Afrique entre au Collège de France pour « mettre la littérature africaine dans le concert des grandes littératures » dit-il. L’écrivain franco-congolais veut poursuivre son rôle de relayeur de cette littérature continentale avec fierté en portant les voix d’Aimé Césaire, de Léopold Sédar Senghor ou encore de Yambo Ouologuem.

Pour sa leçon inaugurale devant le Collège de France, prononcée ce jeudi 17 mars devant Audrey Azoulay, ministre de la Culture française, et Michaëlle Jean, Secrétaire générale de la Francophonie, Alain Mabanckou s'intéresse au thème « de la littérature coloniale à la littérature négro-africaine ». Un sujet qui traduit le passage à la liberté de l’Afrique.

Mais selon lui, une personne brille par son absence : Bienvenu Okiemy, le ministre de la Culture et des arts de son pays. En pleine campagne présidentielle, « le Congo-Brazzaville semble ne pas s’intéresser à la culture » déclare-t-il, avant d’ajouter « si le ministre de la Culture congolais ne trouve pas le temps de venir au Collège de France, je lui donne le titre de ministre de l’Inculture. » Pour lui, la culture est par terre depuis longtemps au Congo.

Alain Mabanckou pense pourtant que la culture doit sauver le continent africain. « Si les hommes politiques ne le comprennent pas, alors je serai leur ennemi juré. Ils ne dormiront jamais, parce que mon oeil sera plus terrible que l’oeil de Cain. » Selon l’écrivain, les mots ont un vrai pouvoir politique « parce que vous pouvez emprisonner physiquement une personne mais vous n’emprisonnerez jamais la pensée ».