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Burkina Faso : au moins 19 morts après l'attaque d'un restaurant de Ouagadougou

Burkina Faso : attaque du restaurant Aziz Istanbul à Ouagadougou
© TV5MONDE / Commentaire : E. Godard - Montage : E. Marty

Dimanche soir, une attaque armée a été menée contre un café-restaurant à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Bilan : au moins 19 morts et une dizaine de blessés. Selon la procureure, les assaillants étaient "très jeunes" et "sont allés au combat pour mourir".

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L'attaque, menée par des jihadistes présumés, a visé le café-restaurant Aziz Istanbul, dans le centre-ville, un établissement particulièrement fréquenté par des expatriés au moment de la retransmission de grands matchs de football. 

Les assaillants "se sont remorqués sur une moto pour arriver sur le lieu du crime. Chacun des terroristes était armé d'un AK47 (fusils d'assaut Kalachnikov, NDLR). Nous avons retrouvé sur les lieux (...) beaucoup de chargeurs, certains ont été vidés et d'autres étaient pleins", a déclaré Mme Sérémé lors d'une conférence de presse, retransmise par la télévision burkinabè.

Dimanche soir, "ils (les assaillants, NDLR) ont riposté aux tirs pendant plusieurs heures, avant d'être abattus à l'arrière du bâtiment", a poursuivi la procureur, ajoutant que l'attaque "terroriste" a fait au moins 19 morts.

"Les assaillants étaient très jeunes, de peau claire et noire. Ils sont allés au combat pour mourir."Maïza Sérémé, la procureure du Burkina Faso

Similitudes avec l'attaque du Café Cappucino en 2016

La procureure a relevé des "similitudes dans le mode opératoire" avec l'attaque jihadiste sanglante du 15 janvier 2016, lorsqu'un commando avait attaqué avec des armes automatiques le café Cappuccino - situé à 200 mètres du restaurant Aziz Istanbul - et plusieurs autres établissements.

Cette attaque, revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), avait fait 30 morts et 71 blessés, en majorité des étrangers. L'assaut, donné par les forces burkinabè soutenues par des militaires français, avait duré une douzaine d'heures.

Cette fois-ci, il était environ 21 heures dimanche soir lorsque les assaillants ont ouvert le feu sur des clients à la terrasse de l' Aziz Istanbul, un restaurant fréquenté aussi bien par des familles burkinabées que par des expatriés. Les deux individus armés se sont ensuite retranchés dans le restaurant, retenant des otages. Les forces de sécurité ont mené un assaut au cours duquel ils ont été tués.

Les tirs ont cessé vers 3 heures du matin. Dans un message à la télévision nationale, le ministre de la communication, Remis Dandjinou, a dénoncé "une attaque terroriste".

Les victimes: des burkinabè et des ressortissants étrangers

Au total, 19 personnes ont été tuées et une  vingtaine d'autres blessées. "[Parmi les victimes], on dénombre un Français, une Canadienne, un Sénégalais, un Nigérian, un Turc et deux Koweïtiennes", a précisé la procureur, qui a également fait état de "trois victimes non encore identifiées""22 personnes ont été blessées dont cinq agents des forces de défense et sécurité. 40 personnes ont également été libérées lors de l'assaut des forces burkinabè". 

De son côté, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Alpha Barry, a fait état de la mort de sept Burkinabè et huit étrangers - un Français, une Canadienne, un Sénégalais, un Nigérian, un Libanais, un Turc et deux Koweïtiennes. Par ailleurs, selon Ottawa, une deuxième personne de nationalité canadienne figure parmi les victimes.

Une enquête a été ouverte pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, assassinat et tentative d'assassinat". La procureure du Burkina Faso a également lancé "un appel à témoins afin d'aider à l'identification des complices ou des facilitateurs éventuels depuis la planification jusqu'à l'attaque terroriste".

Cette nouvelle attaque survient moins d’un mois après la réaffirmation par le gouvernement de sa volonté de lutter, avec son voisin, la Côte d’Ivoire, contre le terrorisme. Le G5 devait mettre en place une force conjointe pour lutter contre le terrorisme. Mais le financement peine à être concrétisé.