Afrique

Burkina Faso : des milliers de manifestants réclament "vérité et justice"

Le 31 octobre 2017, le président Roch Marc Christian Kaboré rend hommage aux victimes de l'insurrection de 2014 qui aboutit à la chute du président Blaise Compaoré.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté ce samedi 4 novembre 2017 à Ouagadougou pour réclamer "vérité et justice" pour les morts de l'insurrection populaire de 2014, qui a chassé l'ex-président Blaise Compaoré du pouvoir, et des victimes du putsch manqué de septembre 2015.

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La répression des manifestations qui avaient entraîné la chute de Compaoré, le 31 octobre 2014 après 27 ans de pouvoir, a fait officiellement 33 morts et 600 blessés. Le putsch manqué de 2015 a fait officiellement 3 morts et plus de cent blessés.
A l'appel d'une dizaine de syndicats et d'organisations de la société civile dont le Mouvement burkinabè des droits de l'homme et des peuples (MBDHP), les manifestants se sont rassemblés place de la Nation, avant de se diriger vers le site en ruine de l'Assemblée nationale, saccagé et incendié lors des manifestations de 2014.

Les manifestants, majoritairement vêtus de tee-shirts rouge, ont scandé "vérité et justice pour les martyrs" et "non à l'impunité", en brandissant des pancartes où l'on pouvait lire : "Oui au jugement des dossiers de l'insurrection populaire, du putsch manqué et de tous les dossiers de crimes de sang et de crimes économiques".

"Comment ne pas s'indigner que trois années après, les autorités politiques et judiciaire (...) soient à ce jour incapables de nous dire qui a ordonné de tirer et qui a tiré sur nos dignes fils", a lancé le président du MBDHP, Chrisogone Zougmoré.

"Trois ans après, (...) le constat est celui des manoeuvres politico-judiciaires dont l'objectif fondamental est de garantir l'impunité aux hommes du clan Compaoré", a déclaré le président des Comités de défense et d'approfondissement des acquis de l'insurrection populaire (CDAIP), Elie Tarpaga, dénonçant "des libérations de putschistes et de leurs complices".

Le 11 octobre, Djibrill Bassolé, l'ancien chef de la diplomatie de Compaoré, incarcéré depuis deux ans pour son implication présumée dans le putsch manqué de septembre 2015, a été placé en résidence surveillée. Selon M. Tarpaga, ces "faits sont suffisants aujourd'hui pour établir la responsabilité du pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré et de ses amis dans la non-manifestation de la vérité et de la justice pour les martyrs de l'insurrection et du putsch".

Dans un communiqué publié à l'occasion du troisième anniversaire du soulèvement, la procureure du Burkina Faso, Maiza Sérémé, avait indiqué que dix-sept personnes avaient été inculpées pour "tentative de meurtre, assassinat, coups et blessures volontaires" et placés sous mandat de dépôt.