Burkina Faso : le président et des ministres retenus par des militaires

<span class="tooltip" id="previewtooltip_080e14d42a8e4cd5996a3b814ddff512" style="top: -10.3px; left: 5.45px; display: block;">Le président français Francois Hollande et le président de la transition du Burkina Faso Michel Kafando à l'Elysée, à Paris le 1er juin 2015.</span>
Le président français Francois Hollande et le président de la transition du Burkina Faso Michel Kafando à l'Elysée, à Paris le 1er juin 2015.
©Ian Langsdon/Pool Photo via AP

Le président burkinabé par intérim Michel Kafando‬, son Premier ministre ainsi que des ministres sont retenus à la présidence par des membres de la garde présidentielle. Selon un journaliste de l'Agence France-Presse, des militaires ont pris position, en armes, tout autour du palais présidentiel où l'armée a tiré pour disperser la foule qui s'était rassemblée

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Des militaires du régiment de sécurité présidentielle (RSP) ont fait irruption ce mercredi 16 septembre dans l'après-midi à la présidence où se tenait le conseil des ministres à Ouagadougou.

A 20h (heure de Paris), des membres de la garde présidentielle retenaient toujours de force le président de la transition Michel Kafando ainsi que le Premier ministre Isaac Zida et d'autres ministres.


Il est difficile de savoir pour l'instant quelles sont les motivations de ces militaires. Selon plusieurs journalistes français sur place, la situation semble se crisper au fur et à mesure que passent les heures. A 21h30 (heure de Paris), les radios n'émettaient plus, des tirs retentissaient autour du palais de Kosyam et des blindés se positionnaient   autour de la télé BF1.

Chargé d’assurer la sécurité du chef de l’État, le Régiment de Sécurité Présidentiel (RSP) a été créé en novembre 1995 par décret présidentiel. Il est aujourd’hui composé de 1 300 soldats, soit 10 % des effectifs de l’armée burkinabè.
 
Chériff Sy, le président du Conseil national de transition, a déclaré par voie de communiqué, "la nation en danger". Le journaliste Gaël Cogné, sur place à Ouagadougou,  tweetait à 20h (heure de Paris) :



Dans le cadre du processus de transition, des élections présidentielle et législatives doivent se tenir dans le pays le 11 octobre prochain, près d'un an après la chute de l'ancien président Blaise Compaoré chassé du pouvoir le 31 octobre 2014. Il était resté 27 ans au pouvoir.

Le 17 novembre 2014, Michel Kafando a été nommé président de transition du Burkina Faso par un conseil de désignation2. Il est chargé particulièrement de préparer la prochaine élection présidentielle. Il a prêté serment dès le lendemain4, afin de pouvoir nommer le Premier ministre, Yacouba Isaac Zida.

De son côté, le mouvement Balai citoyen qui avait amplement participé au mouvement qui avait conduit à la chute de l'ancien président à appeler sur les réseaux sociaux à une manifestation cet après-midi.

« Le RSP est une plaie dans la démocratie. Nous en demandons la dissolution », dénonce Guy-Hervé Kam, porte parole du Balai citoyen, contacté par RFI. Il estime également que c'est sans doute la teneur du rapport de la Commission qui a mis le feu aux poudres. « Ce que la commission demande c'est que le RSP, en tant que régiment militaire, ne s'occupe plus de la sécurité du président au Burkina Faso. Dans toutes les bonnes Républiques, c’est comme ça. (…) Les militaires ont pris goût à ça », déplore-t-il. Pour Guy-Hervé Kam, « le RSP doit redevenir un régiment républicain, une unité d’élite. Et l’armée en a besoin ».