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Burkina Faso : Ouagadougou et Paris condamnent l'attaque

Le président Roch Marc Christian Kaboré en 2016
Le président Roch Marc Christian Kaboré en 2016
© AP Photo / Sunday Alamba

A Ouagadougou au Burkina Faso, dix-huit personnes ont été tuées, dont plusieurs étrangers, dans la nuit du dimanche 13 au lundi 14 août lors d'une attaque par des jihadistes présumés dans un café-restaurant de la capitale. Un attentat condamné par les présidents burkinabè et français, tandis que l'UA appelle à accélérer la mise en place du G5 Sahel. 

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Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a condamné lundi "l'attentat ignoble", en assurant que "le Burkina Faso se relèvera de cette épreuve car son vaillant peuple opposera une résistance sans concession au terrorisme". 
L'attaque a été lancée dans la soirée par deux hommes armés qui ont ouvert le feu sur les clients du restaurant Istanbul, situé sur la grande avenue Kwame Kkrumah de Ouagadougou, un établissment particulièrement fréquenté par des expatriés à ce moment-là, à l'occasion de la retransmission d'un grand match de football.

L'attaque "terroriste" a pris fin en début de matinée : le ministre burkinabè de la Communication, Remis Dandjinou, a avançé un bilan de 18 morts et de deux assaillants "neutralisés". Selon la procureure, quinze victimes ont été identifiés : il s'agit de huit Burkinabè et sept ressortissants étranger,s dont "un Français, une Canadienne, un Sénégalais, un Nigérian, un Turc et deux Koweïtiennes".

Condamnation de la France 

Dans un communiqué publié lundi, le président français Emmanuel Macron a condamné cette "attaque terroriste", salué "la mobilisation efficace des autorités burkinabè" et exprimé "sa compassion et sa solidarité à l'égard des familles de victimes". 

Dans la journée de lundi, Emmanuel Macron s'est entretenu avec M. Kaboré. Les deux présidents ont fait le point sur les circonstances de l’attaque, l’identification des victimes et sur l’enquête visant à identifier les commanditaires, a annoncé l'Elysée. 

Au moins une victime française a été identifiée parmi les personnes tuées lors de l'attaque jihadiste, qui a fait 18 morts au total. L'Elysée a rappelé par ailleurs que "des messages de vigilance" ont été adressés aux Français présents dans la région. Ils ont notamment été invités lundi à "éviter le secteur" du restaurant attaqué.
 

"La France demeurera engagée aux côtés des pays de la région pour poursuivre la lutte contre les groupes terroristes et accélérer la mise en place de la force du G5 Sahel", a déclaré l'Elysée dans son communiqué.

L'Union africaine appelle à accélérer le G5"

Les présidents Macron et Kaboré sont convenus "de l’urgence de mettre en oeuvre les décisions prises lors du sommet de Bamako du 2 juillet et d’accélérer la mise en place de la force du G5 Sahel".

"Il faut qu'on accélère l'opérationalisation du G5 afin que les Africains soient en première ligne pour défendre la sécurité de leurs citoyens et des expatriés", a déclaré lundi le chef de l'Union africaine (UA), le président guinéen Alpha Condé, appelant ses partenaires européens à trouver "les 400 millions de fonds qui manquent".

Face à la dégradation de la situation dans le centre du Mali, limitrophe du Burkina Faso et du Niger, gagnés à leur tour par les violences jihadistes, le G5 a réactivé en février à Bamako ce projet de force conjointe, initialement lancé en novembre 2015.

La France, présente dans la zone sahélo-saharienne avec 4.000 hommes engagés dans l'opération antijihadiste Barkhane, a poussé à la création d'une force militaire conjointe des pays du G5 Sahel - Mauritanie, Tchad, Mali, Niger et Burkina Faso - qui devrait compter 5.000 hommes.

Le Burkina Faso, cible régulière d'attaques 

Frontalier du Mali et du Niger, le Burkina Faso est depuis 2015 le théâtre d'attaques régulières de groupes jihadistes qui sévissent dans tout le Sahel.

En décembre 2016, une douzaine de soldats burkinabè ont été tués dans une attaque contre un détachement de l'armée basé dans le nord du pays. En octobre 2016, une précédente attaque avait fait six morts, quatre militaires et deux civils.

Plusieurs enlèvements ont aussi été perpétrés, de Burkinabè comme d'étrangers. Un Australien et un Roumain, enlevés en 2015, sont toujours captifs de groupes islamistes liés à Al-Qaida.