Afrique

Burundi : affrontements à l'approche des élections

Lundi 27 avril à Bujumbura, la capitale burundaise, des opposants manifestent contre la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat, (AP Photo/Eloge Willy Kaneza)
Lundi 27 avril à Bujumbura, la capitale burundaise, des opposants manifestent contre la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat, (AP Photo/Eloge Willy Kaneza)

Au Burundi, la situation politique se durcit. Lundi 27 avril, les autorités burundaises ont fermé la principale radio indépendante du pays et arrêté l'une des figures de la société civile opposée à un troisième mandat du président sortant, Pierre Nkurunziza. Au lendemain d'affrontements qui ont fait quatre morts, la police anti-émeute a dispersé de nouvelles manifestations contre le chef de l'Etat, dans la capitale.

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Depuis la désignation, samedi, de Pierre Nkurunziza par son parti comme candidat à la présidentielle du 26 juin prochain, les tensions sont vives au Burundi.

Dimanche 26 avril, cette investiture a donné lieu a une première série de manifestations. Une mobilisation qui a conduit à de violents affrontements et à la mort de quatre manifestants. A l'appel de l'opposition et d'une grande partie de la société civile, lundi 27 avril, un millier de jeunes sont redescendus dans les rues pour protester contre le troisième mandat du président sortant. Mais alors qu'ils tentaient de rejoindre le centre-ville de la capitale Bujumbura, ils ont été stoppés net par les policiers.

"Incitation au soulèvement"

Autre signe de l'aggravation de la situation, ce lundi dans l'après-midi, les autorités burundaises ont ordonné la fermeture de la première radio indépendante du pays la RPA (Radio publique africaine).  Une interdiction d'émettre annoncée en direct par le chef des programmes de la station, Gilbert Niyonkuru, avant que le signal ne soit coupé.

Accusée par les autorités de proximité avec l'opposition et d'incitation "au soulèvement", la radio la plus écoutée du pays ne pouvait déjà plus émettre au-delà de la capitale depuis les manifestations organisées dimanche. Il en allait de même pour les deux autres principales radios indépendantes du pays.

Arrestation d'opposants

Par ailleurs, une figure de la société civile burundaise, le défenseur des droits de l'Homme, Pierre-Claver Mbonimpa, qui avait appelé à manifester contre un éventuel troisième mandat du chef de l'Etat aurait été arrêté, selon son avocat Armel Niyongere.

D'après des sources concordantes, un mandat d'arrêt a aussi été émis contre Vital Nshimirimana, principal organisateur au sein de la société civile contre une nouvelle candidature de Pierre Nkurunziza.

Le clan du président juge celle-ci parfaitement légale. Ce que conteste ses opposants. Ils jugent la démarche anticonstitutionnelle et surtout contraire aux accords d'Arusha, qui avaient ouvert la voie à la fin de la longue guerre civile (1993-2006) dont le pays peine encore à se remettre.