Burundi : une "fosse commune" découverte dans la capitale

Dans le quartier de Nyakabiga au Burundi, le 12 décembre 2015.
Dans le quartier de Nyakabiga au Burundi, le 12 décembre 2015.
© AP Photo

Trois corps ensevelis dans des sacs ont été retrouvés lundi 29 février au Burundi, pays plongé depuis dix mois dans une profonde crise politique.

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Les forces de l'ordre ont découvert les cadavres dans le quartier contestataire de Mutakura à Bujumbura, capitale du Burundi. D'après le maire de la ville, Freddy Mbonimpa - représentant politique non élu mais directement nommé par le président burundais Pierre Nkurunziza - les opposants au régime seraient responsables du massacre.

"Un des tueurs arrêtés (...), qui a reconnu y avoir enterré trois cadavres, nous a assuré qu'il y avait au total une trentaine de corps inhumés dans cette fosse", a-t-il déclaré à l'AFP, assurant que "les fouilles continuent à l'heure qu'il est".

La découverte macabre a eu lieu en présence de plusieurs journalistes conviés le jour même où le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a annoncé avoir mandaté trois experts indépendants chargés d'enquêter sur les violations des droits de l'Homme au Burundi, du 1er au 8 mars.
 

Dénonciation des ONG


"Cet assassin nous a expliqué qu'ils ont enterré (...) des personnes tuées parce qu'elles soutenaient le troisième mandat (du président Nkurunziza), des Imbonerakure (la ligue des jeunes du parti au pouvoir que l'ONU a qualifiée de milice, ndlr) ou encore des habitants du coin qui refusaient de contribuer à l'insurrection", a affirmé M. Mbonimpa.

Depuis avril 2015, le Burundi est confronté à l'une des plus violentes crises politiques qu'a connues le pays, née de la volonté du président Pierre Nkurunziza de se maintenir au pouvoir pour un troisième mandat, ce qu'il a obtenu en juillet dernier. Des violences désormais armées, qui ont déjà fait plus de 400 morts et poussé plus de 240 000 personnes à quitter le pays.

Certaines organisations de défense des droits de l'Homme dénoncent de nombreux cas d'exécutions sommaires et d'assassinats ciblés, mais aussi l'existence de fosses communes. À l'image d'Amnesty International qui a ainsi révélé fin janvier la présence d'au moins six fosses autour de Bujumbura - en s'appuyant sur des photos satellite - après une répression sanglante ayant touché plusieurs quartiers contestataires de Bujumbura, à la suite d'une attaque par des rebelles de trois camps militaires le 11 décembre 2015.

Des accusations démenties par le gouvernement - qui s'est opposé à toute enquête indépendante - également rejetées par le maire de Bujumbura : "Nous déplorons le fait qu'Amnesty International ait accusé le gouvernement et ses forces de sécurité d'avoir enterré des gens dans de nombreuses fosses communes, sans évoquer les opposants, alors que ce sont eux qui l'ont fait", a-t-il déclaré à l'AFP.

Invité du 64' de TV5MONDE, l'opposant Pancrace Cimpaye, aussi porte-parole du Conseil national pour le respect de l'accord d'Arusha et la restauration de l'Etat de droit (CNARED) - coalition de l'opposition burundaise en exil - apporte son regard sur la situation :

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