Cameroun : réaction de RFI après la condamnation de son correspondant

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Dix ans de prison ferme pour Ahmed Abba. Ce lundi 24 avril, le tribunal militaire de Yaoundé, au Cameroun, a condamné le correspondant de la radio RFI pour non-dénonciation et blanchiment d'actes de terrorisme. Les juges mettent en cause sa couverture des attaques de Boko Haram dans le Nord du pays. Sur le plateau de TV5MONDE, Cécile Mégie, la directrice de Radio France Internationale, réagit.

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La France a fait part mardi de sa "préoccupation" après la condamnation à dix ans de prison ferme du correspondant de RFI au Cameroun pour "non dénonciation d'actes de terrorisme et blanchiment d'actes de terrorisme".


Ahmed Abba, qui clame son innocence, a été condamné lundi par un tribunal militaire de Yaoundé et ses avocats ont fait appel.

"Nous espérons que la suite de la procédure permettra à M. Ahmed Abba de recouvrer rapidement la liberté, alors qu'il a déjà passé 21 mois en prison", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Romain Nadal.

"La France réitère son attachement au respect des libertés fondamentales, dont la liberté de la presse", a-t-il ajouté.

Correspondant de Radio France Internationale (RFI) dans le nord du Cameroun, qui est la cible des attentats de Boko Haram, Ahmed Abba avait été arrêté fin juillet 2015 à Maroua, dans l'extrême-Nord du pays.

Le journaliste de RFI, qui risquait même la peine de mort début avril, est soupçonné par les autorités camerounaises d'avoir collaboré avec le groupe islamiste Boko Haram et de ne pas avoir partagé les informations qu'il détenait.

RFI a fait part lundi de sa "consternation", estimant qu'"aucune preuve n'a été apportée au dossier" et que "cette condamnation est celle d'un journaliste qui n'a fait qu'exercer son métier".