Afrique

Centrafrique : Bangui interdit les jouets "violents"

Interdiction des jouets violents en Centrafrique
©TV5MONDE / Commentaire : T. Cavaillès - Images : T. Nzam - Montage : C. Brachard

En République centrafricaine, un pays ravagé depuis 2013 par une guerre civile qui a fait des milliers de morts, le maire de la capitale Bangui a pris la décision d'interdire la vente de jouets "violents" sur les marchés de la ville.

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Devant les étals d'un vendeur de jouets sur un marché de Bangui, les policiers veillent. Leur mission en cette période de Noël : vérifier la conformité des jouets proposés. Une petite moto qui clignote, une peluche ou un clown et son tambour: pas de problème !
Mais s'il s'agit d'un soldat ou d'une arme en plastique ou encore de pétards, là, le policier sévit.

Car dans ce pays troublé par une instabilité chronique, où depuis 2013 plusieurs milliers de personnes ont été tuées dans des conflits inter religieux, les autorités veulent protéger les plus jeunes. En interdisant les jouets violents, elles souhaitent faire en sorte que la culture de la guerre de s'immice pas dans les esprits des enfants. 

"Nous ne voulons plus de cela !" témoigne Nadège, une mère de famille rencontrée sur le marché. "Quand tu achètes aux enfants des armes, ils n'ont que l'idée de la guerre en tête. Je ne peux pas leur acheter une arme ou un pétard. Je leur achète des voitures, des téléphones, des poupées et des jeux vidéos... Ca ne peut que les aider." 

Evidemment sur les marchés, on peut encore trouver certains de ces jouets ou des pétards. Mais les commerçants, pour la plupart, veulent bien jouer le jeu. "Consciencieusement, nous ne voulons plus vendre des  objets explosifs", explique Narcisse. "Notre pays a traversé des moments difficiles qui nous empêchaient de nous distraire. Mais là ça s'est calmé, on est en ville, il y a de l'activité, on est contents.  Alors oui c'est vrai, nos marchandises ne sont pas écoulées, mais nous gardons patience en attendant que tombent les salaires."

Une véritable prise de conscience pour éviter "de renforcer la culture de la violence en Centrafrique", explique le maire de Bangui, Emile-Gros Raymond Nakombo. Il dit avoir travaillé avec la force de l'ONU dans le pays, la Minusca pour faire en sorte que cet arrêté soit respecté. Et permettre ainsi de préserver les plus petits d'un monde d'adulte parfois un peu trop lourd à supporter. Même pour les plus grands.