Afrique

Centrafrique : Catherine Samba-Panza porteuse d'espoirs

Titre de la Nouvelle Centrafrique ce mardi 21 janvier / DR
Titre de la Nouvelle Centrafrique ce mardi 21 janvier / DR

Depuis son élection ce lundi 20 janvier, la mairesse de Bangui devenue présidente de transition de la Centrafrique soulève une vague d’espoirs dans la presse africaine. Sur le continent, certains journaux plébiscitent l’élection d’une femme (fait rare) à la tête du pays qui aura pour lourde de tâche de pacifier une nation en proie au chaos.

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Une femme au pouvoir. L’élection de Catherine Samba-Panza a été plébiscitée par Aline Mpangba-Yamara dans son éditorial de La Nouvelle Centrafrique, intitulé « les femmes au pouvoir…enfin ! » Elle salue l’arrivée d’une femme à la présidence de transition du pays mais qui ne doit pas rester qu'une exception : « L’Afrique est sociologiquement parlant un continent toujours machiste, phallocrate, misogyne, décadent et rétrograde. Mme Samba-Panza ne sera que la troisième femme à exercer des fonctions présidentielles dans un pays africain, après la libérienne Ellen Johnson Sirleaf, prix Nobel de la Paix 2011, et la féministe malawite Joyce Banda. (…)La victoire de Madame Samba-Panza se doit d’être une porte ouverte au progrès et à l’émancipation, au-delà des espoirs, et ne pas se refermer dès la fin de la transition, pour de nouveau voir le pays rebasculer dans l’insignifiance politique habituelle masculine. »
Catherine Samba-Panza, femme forte qui entre immédiatement en action. Elle devrait nommer son Premier ministre avant mercredi 22 janvier. La journaliste rapporte que la nouvelle présidente souhaite avancer de manière mesurée : « le calendrier électoral pour février 2015 [est] tenable, et [que] précipiter les choses alors que tout l’édifice administratif était par terre n’[est] pas raisonnable. »

Dès hier, lundi 20 janvier, La Nouvelle Centrafrique titrait « la mairesse de Bangui au pouvoir » soulignant que sa tâche est rude dans une situation politique et humanitaire catastrophique : « Ce qui l’attend dès demain est un immense chantier de chaos. Un pays par terre, ne disposant plus d’aucune espèce de force régalienne, une administration fantomatique, un pays plongé dans la guerre civile ; plus de de sécurité. Crise humanitaire et sanitaire rampante... IL VA LUI FALLOIR DU COURAGE. »



L'Observatoire Paalga /DR
L'Observatoire Paalga /DR
Maire-courage

Ailleurs, en Afrique, les journaux se font aussi l’écho du fardeau dont écope la présidente. Au Burkina Faso, L’Observateur Paalga l’érige en figure historique avant même de constater ses faits d’armes en titrant : « Catherine de Bangui au chevet de la Centrafrique ».  Le quotidien l’inscrit plus que jamais en « maire-courage » qui devra panser les plaies du pays. « Une femme portée au sommet de l’État pour réussir là où un homme a échoué ? Sous nos tropiques, c’est un pari rarissime pour ne pas être souligné. »

Ils vont même jusqu’à étudier son prénom, qui selon un guide indique qu'elle sera : « Entièrement tournée vers les autres. Diplomate, elle est souvent sollicitée en cas de discorde dans un groupe. Catherine se donne toujours les moyens de réussir » ou l’assurance de sa réussite politique ? Encore une fois, le journal souligne le caractère missionnaire du mandat de la présidente : « la tâche qui attend Dame Catherine est loin d’être une sinécure. Malgré tout le bien qu’on dit d’elle et les bons augures qui semblent accompagner son élection à la tête de la transition, elle est plus à plaindre qu’à envier. Tant les défis qui l’attendent sont titanesques. » Une mission qu’elle ne pourra accomplir qu’avec le soutien de ses compatriotes mais aussi de la communauté internationale comme le souligne le journal.


Le Pays / DR
Le Pays / DR
Catherine, le messie

Dans cet autre quotidien burkinabé, Le Pays, la nouvelle présidente de transition est surnommée « le messie Cathérine (sic)», à qui le journal souhaite la bienvenue « Plus que les honneurs du pouvoir, elle hérite d’une situation chaotique dans laquelle elle devra faire preuve de doigté et de maestria pour travailler à recoller les morceaux d’un tissu social profondément désintégré et émietté. » La pression est lourde sur les épaules de la présidente : « De la réussite de cette transition dépendra aussi l’avenir de la RCA. » L’heure est grave pour le pays.

Le Potentiel / DR
Le Potentiel / DR
Le destin d'un pays

En République démocratique du Congo, Catherine Samba-Panza porte les espoirs d’un avenir de paix pour le journal Le Potentiel qui titre : « L’ex-maire de Bangui tient en mains le destin de la Centrafrique » :  « Dans le pays qui a sombré dans un cycle de violence infernal depuis la prise de pouvoir de l’ancien membre des rebelles de la Séléka, Michel Djotodia, l’ancienne maire de Bangui symbolise l’espoir.» Ramener le calme en Centrafrique fait partie de ses priorités : « Sans nul doute, l’arrêt des violences sera un défi d’envergure... et le plus urgent.» Le message est lancé.