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Congo-Brazzaville : une journée ville à "demi-morte"

brazzaville morte
©Tv5monde

L'appel de l'opposition congolaise à une journée "villes mortes" pour contester la réélection du président Denis Sassou Nguesso, a été diversement suivi mardi à Brazzaville. Reportage.

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La capitale de la République du Congo offrait le visage d'une ville à deux vitesses, le mot d'ordre lancé par cinq rivaux malheureux de Denis Sassou Nguesso à la présidentielle du 20 mars, étant largement suivi dans les quartiers sud, et ignoré dans les quartiers nord, reflétant la division électorale de la ville.

Au grand marché Total, à Bacongo, quartier sud de la ville, les allées étaient désertes dès le matin, les structures de bois permettant aux vendeurs de présenter leurs marchandises restant empilées de part et d'autre des travées. A la périphérie du marché, quelques centaines de femmes exposaient sur des bâches à même le sol fruits, légumes ou savon.

"Je ne fais pas la politique, ça ne m'intéresse pas. [Les politiciens] sont tous pareils, si on ne vient pas travailler, comment on fait pour vivre ?" dit Maggie, derrière une dizaine de lots d'oignons.

Dans les quartiers sud, déshérités, de Bacongo, Makélékélé et Kinsoundi, la quasi-totalité des boutiques sont restées fermées.
 


 

Brazzaville, coupée en deux ?


A l'inverse, à Poto-Poto, quartier du centre de la capitale, et Ouenzé (nord), la vie avait repris un cours normal, et les forces de l'ordre étaient peu visibles. Après un long week-end pascal (lundi était férié au Congo), toutes les boutiques étaient ouvertes. La situation étaient légèrement différente à Talangaï, autre quartier nord, où certaines boutiques restaient fermées.

Les autorités ont annoncé jeudi dernier que Denis Sassou Nguesso, qui cumule plus de 32 ans à la tête du Congo, avait été réélu au premier tour avec plus de 60% des voix, lors du scrutin présidentiel du 20 mars.

Qualifiant ce score de "forfaiture", une coalition de cinq candidats d'opposition avait appelé la population à contester la réélection du président par des voies légales et "pacifiques", en appelant à une journée "villes mortes" dans tout le pays mardi.