Congo : combats à Brazzaville, la population fuit massivement

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Des combats ont opposé, ce lundi, les forces de l'ordre congolaises à des assaillants non identifiés dans des quartiers sud de Brazzaville. Ceux-ci sont acquis à l'opposition ayant contesté la réélection annoncée du chef de l’État, Denis Sassou Nguesso, dès le premier tour de la présidentielle du 20 mars.

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En fin de matinée, des milliers d'habitants paniqués fuyaient la zone des combats, qui semblaient avoir cessé, selon des journalistes de l'AFP dans la capitale congolaise.

Selon plusieurs témoins, des échanges de tirs à l'arme automatique émaillés de détonations d'armes lourdes ont commencé dans les quartiers de Mayanga et Makélékélé entre 2h et 3h (heure locale) et ont duré pratiquement sans discontinuer jusque vers 6h.

Vers 8h15, on entendait encore des tirs épars. Certaines détonations étaient audibles à partir de Kinshasa, sur l'autre rive du fleuve Congo, selon des témoignages dans le quartier de Kinsuka.

La situation était revenue au calme vers 9h. En fin de matinée, des centaines de policiers et militaires patrouillaient dans les quartiers sud de la capitale, véhiculés dans des 4x4 ou des véhicules blindés, selon un journaliste de l'AFP.

"Ça a commencé à tirer à 2h du matin. Jusqu'à 10h45 il y avait encore des coups de feu. Des militaires sont entrés dans plusieurs parcelles. Ils nous ont demandé de quitter le quartier avant qu'il ne soit trop tard. Là nous ne savons pas où aller, nous sommes comme des immigrés, c'est choquant", a déclaré à l'AFP Mercie, une étudiante de 24 ans habitant Makélékélé.

Parmi les gens fuyant vers le nord de la capitale, Jérôme, âgé de 55 ans, dit avoir tout laissé derrière lui. "Je n'ai pas pu supporter les coups de feu, les armes lourdes, je suis traumatisé".

Ni le porte-parole de la police ni celui du gouvernement n'avaient pu être joints en fin de matinée. Sur la télévision nationale passait un bandeau annonçant un message imminent du gouvernement.

Paix toujours menacée

Selon des journalistes de l'AFP, de longues files d'habitants remontaient "l'avenue de l'OUA" principal axe de communication des quartiers sud vers le centre. Toutes les voitures faisaient l'objet d'une fouille systématique à des barrages dressés par les forces de l'ordre.

Selon des témoins, deux commissariats du sud de Brazzaville ont été incendiés pendant la nuit, mais il n'avait pas été possible d'évaluer les dégâts subis par ces bâtiments en fin de matinée, faute de pouvoir se rendre sur place alors que la police filtrait les accès.

Les violences de la nuit ont eu lieu alors que la Cour constitutionnelle congolaise étudie les résultats de l'élection présidentielle du 20 mars que lui ont transmis les autorités en vue de leur validation.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé le 24 mars la réélection de Denis Sassou Nguesso, dès le premier tour, avec plus de 60% des suffrages.

Rejetant ces résultats comme une "forfaiture", cinq candidats d'opposition ont appelé la population à les contester par des voies légales et pacifiques, affirmant que la réélection de Denis Sassou Nguesso, qui cumule plus de 32 ans à la tête du Congo, n'était pas possible sans des fraudes massives.

Dès avant le scrutin, ces candidats avaient appelé le peuple à "exercer sa souveraineté" dans le cas où le chef de l’État sortant passerait dès le premier tour, comme celui-ci n'avait cessé de le marteler pendant sa campagne.

Les autorités avaient vu dans cette consigne un appel à l'insurrection et avaient mis en garde les responsables de l'opposition.

"C’est curieux", fait remarquer Julienne, habitante d'un quartier sud : "on vit dans un pays où qu’on vote ou pas, la paix est toujours menacée".