Côte d'Ivoire : 1999 - 2010, deux décennies d'instabilité politique

Le décès de Félix Houphouët-Boigny en 1993 ouvre une nouvelle ère en Côte d'Ivoire. Trente ans après l'indépendance de ce pays d'Afrique de l'ouest, les Ivoiriens découvrent véritablement le multipartisme et les tumultes de la démocratie. La bataille des hommes politiques, héritiers pour certains de la politique du "Vieux", entraîne le pays dès 1999 dans une décennie de crise marquée par un coup d'État manqué en 2002.

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1993 - 2002 : Le difficile héritage de Félix Houphouët-Boigny

Le président de la Côte d'Ivoire Félix Houphouët-Boigny en 1962 - Wikicommons
Le président de la Côte d'Ivoire Félix Houphouët-Boigny en 1962 - Wikicommons

7 décembre 1993 :
Décès du président Félix Houphouët-Boigny, père de l'indépendance qui dirigea le pays d'une main de fer pendant 33 ans. Henri Konan Bédié, alors président de l'Assemblée nationale, achève le mandat présidentiel conformément à l'article 11 de la Constitution.

8 décembre 1994 : Adoption d'un nouveau code électoral qui impose aux candidats aux élections de prouver leur ascendance et leur nationalité ivoirienne.

8 août 1997 : Henri Konan Bédié est élu président de la République, seul face au candidat du Parti ivoirien des travailleurs.

30 juin 1998 : Une nouvelle modification constitutionnelle renforce le pouvoir présidentiel. La campagne pour l'élection présidentielle de 2000 annonce une dimension ethnique de la vie politique.

24 décembre 1999 : L'ancien chef d'État-major Robert Guéï renverse Henri Konan Bédié à la suite d'un coup d'État et prend le pouvoir. Il dissout les institutions républicaines et crée un Comité national de salut public. L'opposant Alassane Ouattara du RDR (Rassemblement des républicains) rentre de son exil en France.

23 juillet 2000 : Une nouvelle constitution est adoptée par référendum : le candidat à l'élection présidentielle « doit être ivoirien de père et de mère, eux-mêmes ivoiriens et qu'ils ne doivent pas s'être prévalus d'une autre nationalité » ce qui élimine Alassane Ouattara de l'élection présidentielle du fait de ses origines burkinabées.

Forces armées de Côte d'Ivoire en 2004 - Wikicommons <br/>
Forces armées de Côte d'Ivoire en 2004 - Wikicommons
22 - 28 octobre : Le général Robert Guéï se proclame élu à la présidentielle du 22 octobre et 4 mois de soulèvements populaires provoquent la reconnaissance de la victoire de Laurent Gbagbo par la commission électorale.

9 octobre - 18 décembre 2001 : Un forum de réconciliation nationale réunissant tous les responsables politiques reconnaît la nationalité ivoirienne d'Alassane Ouattara.

19 septembre 2002 : Une tentative de coup d'État à Abidjan dégénère en soulèvement armé. Les villes de Bouaké dans le centre et Korhogo dans le nord du pays tombent entre les mains de rebelles. Le général Guéï est tué.

22 septembre 2002 : Arrivée des premiers renforts français pour assurer la sécurité des ressortissants étrangers. Le dispositif militaire français stationné près d'Abidjan est baptisé " opération licorne"

29 septembre 2002 : La communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (CDEAO) crée un groupe de contact et décide l'envoi d'une force de paix.

2003 - 2010 - De la crise à la réconciliation

Membre de la Légion étrangère en 2004 en Côte d'Ivoire - Wikicommons
Membre de la Légion étrangère en 2004 en Côte d'Ivoire - Wikicommons

15 - 26 janvier 2003 :
La conférence de Linas-Marcoussis réunit en France, l'ensemble des parties du conflit. L'accord signé le 24 janvier prévoit le maintien du président Gbagbo, et la formation d'un gouvernement de coalition, y compris avec les rebelles.

3 mai 2003 :
Un cessez-le-feu est conclu entre les forces gouvernementales et les rebelles.

13 mai 2003 : Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 1479 qui crée la Mission des Nations Unies en Côte d'Ivoire (MINUCI) pour une période initiale de 6 mois en vue de faciliter la mise en place des accords de Marcoussis.

27 février 2004 : Le conseil de sécurité de l'Onu vote la résolution1528 qui autorise le déploiement de l'Opération des Nations Unies (ONUCI) pour une durée de 12 mois.

10 - 18 novembre 2004 : Plus de 8000 ressortissants français fuyant des manifestations anti-françaises sont rapatriés.

9 juillet 2005 : Un accord est signé entre le gouvernement et les rebelles. Il est un préalable à l'organisation de l'élection présidentielle prévue le 30 octobre et prévoit un calendrier de désarmement conjoint des rebelles et des milices pro-gouvernementales.

1er novembre 2006 : Le Conseil de sécurité adopte à l'unanimité la résolution 1721 pour le maintien de Laurent Gbagbo à la tête de l'État, pour une durée n'excédant pas 12 mois.

Programme de réinsertion des populations rendues vulnérables par la Crise politique - Wikicommons
Programme de réinsertion des populations rendues vulnérables par la Crise politique - Wikicommons
16 avril 2007 : Début du démantèlement de la zone tampon qui séparait le nord du sud ivoirien depuis la fin 2002.

11 mai 2007 : Suppression de la Zone de Confiance (ZDC) qui consacrait la partition de la Côte d’ Ivoire.

30 juillet 2007 : Le président Laurent Gbagbo, accompagné de l'ex-rebelle Guillaume Soro devenu Premier ministre, brûlent des armes dans un stade. Cette cérémonie est censée marquer le début du processus de désarmement.

15 septembre 2008 : Lancement du processus d’identification des populations, et du recensement électoral. Cette opération permettra à 9 millions d’Ivoiriens âgées de 18 ans et plus d’obtenir leurs cartes d’identité et d’électeur.

14 mai 2009 : Le Président Laurent Gbagbo signe le décret N°2009-181 du 14 mai 2009, portant convocation du collège électoral de la République de Côte d’Ivoire en vue de l’élection du Président de la République dont le 1er tour est fixé au dimanche 29 novembre 2009.

11 novembre 2009 : L'élection présidentielle prévue le 29 novembre est reportée par la Commission électorale indépendante (CEI), à cause des retards cumulés dans la préparation du scrutin.




La Côte d'Ivoire en quelques chiffres


Structure de la population (estimations 2010)


0-14 ans : (Hommes 4,215,912/ femmes 4,146,077)
15-64 ans : 56.6% (Hommes 5,942,642/ femmes 5,720,108)
65 ans et plus : 2.9% (Hommes 296,074/ femmes 296,255)

Taux de croissance de la population

2.133% (estimations 2010) - 49ème rang mondial

Taux de natalité (estimations 2010)

32.11 naissances/ population de 1000 - 44ème rang mondial

Espérance de vie (estimations 2010)

Total population : 55.45 ans - 194ème rang mondial
Hommes : 54.64 ans
Femmes : 56.28 ans

Groupes ethniques

Akan 42.1%, Voltaiques ou Gur 17.6%, Mandes du Nord 16.5%, Krous 11%, Mandes du sud 10%, autres 2.8%

Religions

Musulmans 38.6%, chrétiens 32.8%, animistes 11.9%, athées 16.7% (2008 est.)

Économie

PIB (Produit intérieur brut) - estimations 2009 : $35.86 milliards soit 25, 39, milliards d'euros - 99ème rang mondial

PIB par tête - estimations 2009
1,700 $ soit 1,22 euros - 193ème rang mondial

Population vivant au-dessous de seuil de pauvreté : 42 %
Le taux de chômage se situe entre 40 et 50 % suite à la guerre civile

Agriculture :

La Côte d'Ivoire produit du Café, du cacao, de la banane, de l'huile de palme, du maïs, du riz, du sucre, du coton, du caoutchouc et du bois

Principales industries :

Alimentaires, industrie du bois, raffinage du pétrole, industrie textile.

Sources : CIA