Côte-d’Ivoire : le MASA renaît

Photo de groupe du lancement du MASA 2014
Photo de groupe du lancement du MASA 2014

Les longues années de crise qu’a connues la Côte-d’Ivoire ont été désastreuses au plan économique, politique et social. Au plan culturel aussi. Ces sombres pages de son histoire tournées, la Côte-d’Ivoire s’offre de nouvelles perspectives avec entre autres, le retour du Marché des Arts et du Spectacle Africain, après sept années d'absence. En ce dimanche 9 mars, jour de clôture, notre correspondant dresse un premier bilan au regard des attentes suscitées par l'édition 2014 du MASA.

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“Beaucoup de promesses, peu de contrats“

“Beaucoup de promesses, peu de contrats“


Renouer avec la culture

08.03.2014Par Ange Hermann Gnanih
Cette semaine, le Marché des Arts et du Spectacle Africains (MASA) a repris ses droits. Un milliers de professionnels de l’art, soit au total 63 groupes représentant 486 artistes, dont 114 résidant en Côte-d’Ivoire étaient inscrits dans la sélection officielle. Depuis toujours, le MASA est à la fois un marché, une foire et un forum. Trois objectifs qui portent une même ambition : créer le meilleur espace possible à l’art africain dans tous ses états à partir de la Côte-d’Ivoire. Cette année, le MASA s’est animé autour du thème : "Les arts du MASA face au défi du numérique". Dès l'ouverture se produisait des artistes comme Salif Kéita, P-Square ou les Magic System.

"Programme de développement culturel des arts et du spectacle africains, le MASA soutient la création et la production de spectacles de qualité, facilite la circulation des créateurs et leurs productions en Afrique et dans le monde, contribue à la formation des artistes et des opérateurs de la chaine de production des spectacles et au développement du secteur des arts de la scène (Musique, Théâtre et Danse) sur continent africain." Une ambition souvent contrarié par un environnement peu propice au développement de l’art sur le continent.

Un festival pour tous

Les spectacles étaient éclatés dans trois villes du pays : Abidjan, Bassam (au Sud) et Bouaké au centre. Les Ivoiriens attendaient ces moments de pure folie festive pour communier à nouveau avec le monde culturel que voulait honorer ce rendez-vous. "Nous étions excités à l’idée que cette grande manifestation allait à nouveau braquer les projecteurs du monde entier sur nous," confie Mariam Konaté, une étudiante ivoirienne. Sur l’un des sites devant accueillir les spectacles à Bassam, Christophe Doué, artisan, attendait cette merveilleuse occasion pour vendre ses objets d’arts : "N’oubliez pas que c’est aussi pour la qualité de ce que nous faisons que Bassam est aujourd’hui une ville classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Nous sommes la première capitale de Côte-d’Ivoire et sommes heureux de la faire découvrir au monde." De fait, le MASA contribue à faire tourner les petits commerces qui, depuis la fin de la crise, ont du mal à prospérer. Ils restent les oubliés de la croissance économique.

Yacouba Konaté
Yacouba Konaté
Au Comité d’organisation, que préside le Professeur Yacouba Konaté, on affirme avec une immense fierté que le MASA "favorise la signature de nombreux contrats entre diffuseurs et groupes artistiques. En 2001, on estimait que, suite à sa programmation dans le MASA, au moins une troupe sur trois a signé au moins un contrat ; les capitaux générés par le MASA sont au moins équivalents à ceux investis et l'événement a contribué au perfectionnement et à la professionnalisation des opérateurs du secteur des arts vivants qui s’y sont perfectionnés et se sont organisés en réseaux formels et informels." Les innovations de cette édition du MASA sont le conte et l’humour, avec une dimension "festival" plus prononcée.

Le retour du Marché des Arts et du Spectacle Africains confirme le retour de la Côte-d’Ivoire dans le concert des nations, elle qui avait, pendant plus d’une dizaine d’années, perdu sa place de plaque tournante de la culture régionale et panafricaine.