Afrique

Côte d'Ivoire : le prix du kilo de fève de cacao reste inchangé

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Commentaire : Patrice Férus | © TV5MONDE | Montage : Stéphane Dard

Les producteurs de cacao font grise mine en Côte d'Ivoire. Alors qu'ils éspéraient une légère hausse du prix d'achat garanti de leurs produits, il reste finalement inchangé.  Le cacao représente 15% du PIB de la Côte d'Ivoire, premier producteur et exportateur de cette matière première dans le monde.

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C'était en clotûre des journées nationales du cacao à Abidjan... et sans surprise le conseil Café/cacao l'a confirmé. Le kilo de feve reste fixé à 700 francs CFA, le prix arrêté au printemps dernier soit, un 1,06 euro. Un coup dur pour des producteurs de cacao, un peu fatalistes. 

"C'est vrai que le prix est décévant !" souligne Sidikiba Cissé. Ce directeur de la plate-forme des opérateurs de la filière café/cacao estime néanmoins "qu'il ne faut pas être ingrat avec l'État de Côte d'Ivoire". Et d'ajouter :"Il faut tenir, si le Ghana qui était dans la même situation que nous il y a deux ans, a pu tenir, alors les Ivoiriens doivent tenir également."
Oré Gnéza, producteur de cacao est encore plus résigné: "Nous acceptons. Nous acceptons le nouveau, mais on souhaite que ça soit pas baissé ! On souhaite que le tarif soit respecté !"

Car en réalité, les 700 francs CFA , c'est pour le kilo de fève de cacao qualité optimale. Dans les faits, les planteurs n'écoulent pas aussi facilement toute leur production, alors la tentation de la contrebande est évidemment forte... surtout pour ceux établis près de la frontière avec le Ghana...


Nous acceptons le nouveau prix, mais on souhait que ça soit pas baissé !
Oré Gnéza, producteur de cacao à Haut-Sassandra

D'un côté un kilo de cacao à 700 francs CFA... alors qu'ils peuvent le négocier en face à 950 francs CFA minimum ...

Le calcul est vite fait...

Ousmane Ouedraogo, spécialiste des matières premières rappelle que "la production de cacao près de la frontière à l'est c'est 300.000 tonnes par an.  On craint que tout ce tonnage traverse la frontière. Comment l'État ivoirien va pouvoir réduire cette fuite de production?"

À eux seuls, la Côte d'Ivoire et le Ghana représentent 60% de l'offre mondiale de cacao... alors au mois d'août, les deux pays ont posé les bases d'une nouvelle instance commune pour mieux peser sur le secteur et sur les prix.

Pour cela, il faudrait, par exemple, qu'ils parviennent à mieux stocker leur production, mais en zone tropicale, tout ça a un coût extravagant...  que même les deux leaders du marché ne peuvent pas encore assumer...