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Côte d'Ivoire : le retour des réfugiés de la crise post-électorale

Réfugiés Côte d'Ivoire
Reportage de P. Fandio, P. Akpro, K. N'Dri, T. Le Paih © TV5MONDE

Alors que reprend ce 6 novembre 2017 le procès devant la Cour pénale internationale de Laurent Gbagbo, ancien président ivoirien jugé pour son implication dans les violences postélectorales de 2010, une centaine d'exilés ont décidé de rentrer en Côte d'Ivoire, six ans après le conflit. Reportage. 

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C'est au Mali que ces Ivoiriens ont trouvé refuge lorsque les violences ont éclaté en 2010. Six ans après la fin du conflit, ils ont pris le chemin du retour, malgré l'inquiétude pour leur sécurité dans un climat troublé ces derniers mois et un avenir incertain. 

A bord des bus qui les ramènent en Côte d'Ivoire, rares sont ceux qui osent parler du passé ou partager leur préférence politique. A visage caché, cet Ivoirien raconte sa peur du retour : "On a mis du temps à rentrer, parce qu'on avait peur (...) que tout recommence encore à zéro. Tant que les politiciens n'arrêtent pas (...) cette soif du pouvoir, il y aura toujours la guerre".

Arrivés à destination, ceux qui ont tout perdu pendant la crise, doivent tout reconstruire. "La majorité de personnes ont perdu soit de la famille ou souvent des biens. Le seul problème, c'est qu'ils n'ont pas de documents pour prouver que ces biens ont été détruits ou perdus", explique Marie Laure Keletigui du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Au nom de la réconciliation


Certains ont choisi de rentrer pour répondre à l'appel de l'Etat ivoirien au nom de la réconciliation. Comme Ousmane Ouattara qui a reçu une aide de 300 000 francs CFA (environ 500 euros) du HCR, et dont la maison a été préservée par sa famille pendant son absence. "Notre pays, il y a la paix... Ca fait dix ans que je ne suis pas rentré. Ici c'est ma famille. Aujourd'hui (...) je suis vraiment content."

Au total, la crise a poussé 300 000 Ivoiriens à l'exil. Selon le HCR, 50 000 personnes seraient encore réfugiées dans les pays limitrophes, dont de nombreux pro Gbagbo.