Afrique

Diamants du sang : le rapport de Human Rights Watch

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Entretien avec Jean-Marie Fardeau directeur de Human Rights Watch Paris

30 juin 2009 - 4'31

Entretien avec Jean-Marie Fardeau directeur de Human Rights Watch Paris

A son tour, Human Rights Watch alerte la communauté internationale sur les “diamants de sang“ du Zimbabwe

Après le massacre de 200 mineurs clandestins en octobre 2008, le Processus de Kimberley (voir encadré) est appelé à réagir. En mars 2009, Partnership Africa Canada (PAC) déplore l'absence de ligne claire du PK et documente les violations des droits de l'Homme dans les mines de Marange, sur fond de contrebande et d'enrichissement des autorités et de l'armée (Rapport PAC, mars 2009).

Les ONG insistent pour que le mécanisme de bonne conduite signé à Kimberley en 2003 soit suivi d'effet sur le terrain. Elles appellent les pays signataires à interdire le commerce des diamants du Zimbabwe. Tout comme, d'ailleurs, la Fédération Mondiale des Bourses du Diamant (WFDB). Pour l'heure, l'extraction des pierres précieuses se poursuit. Les maltraitances sur les populations locales aussi.

S.G.
Juillet 2009

Extraction forcée des diamants


"Trois hélicoptères ont surgi du ciel, et les soldats à bord ont commencé à nous tirer dessus à l'arme automatique. On s'est arrêté de creuser et on a couru vers les collines pour se cacher. J'ai vu qu'on était poursuivis par de nombreux soldats en civil. De mon équipe, 14 mineurs ont été tués par balles ce matin là"
Témoignage d'un mineur recueilli par Human Rights Watch.

Le 27 septembre 2008, l'armée zimbabwéenne a reçu le feu vert des autorités pour prendre le contrôle des champs diamantifères de Chiwadza, dans la région de Marange (Est du Zimbabwe). En quelques semaines, la répression fait 200 morts parmi les locaux. Des milliers de villageois, adultes mais aussi enfants, sont contraints au travail forcé.

Violations des droits de l'homme, confiscation de ressources au profit de quelques uns; militaires, responsables du Zanu-PF, le parti du président Mugabe: ce sont les conclusions de l'organisation de défense des droits de l'homme HRW dans son rapport sur les "diamants entâchés de sang" ("Diamonds on the rough" publié le 26 juin 2009.)