Afrique

Dioncounda Traoré : retour dans un Mali en pleine tourmente

Le président du Mali est arrivé à Bamako peu après 19 heures ce vendredi 27 juillet 2012. Après deux mois de convalescence en France, Dioncounda Traoré fait face à une situation difficile sur tous les fronts. Alors que les principaux partis du pays réclament la démission de son Premier ministre, les pays voisins et la Cédéao font pression en faveur d’une intervention armée pour réprimer la rébellion dans le nord du pays.

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Les enjeux

27.07.2012Par Liliane Charrier
Quelle attitude adopter face au Premier ministre Cheik Modibo Diarra ? Voilà la première question à laquelle Dioncounda Traoré devra répondre très vite. Attentisme face à la l’occupation du Nord du pays par les rebelles islamistes, inaction face à de graves violations des droits de l’Homme, incapacité à assurer la sécurité du président… Le chef du gouvernement de transition est sur la scellette, accusé "d'incompétence et d'amateurisme" par le Front uni pour la Défense de la République (FDR), qui réunit une quarantaine de partis politiques, dont les plus importants du Mali. Le 24 juillet, le FDR a appelé le Premier ministre à démissionner. Aujourd'hui, le président n’a plus que quelques jours pour décider de maintenir ou de limoger Cheick Modibo Diarra et ses ministres à l'heure de la constitution d’un gouvernement d’union nationale.


Un gouvernement d’union nationale avant le 31 juillet

Des réfugiés maliens fuyant les combats arrivent à la frontière de la Mauritanie (photo : UNHCR - A.O. Barry).<br/>
Des réfugiés maliens fuyant les combats arrivent à la frontière de la Mauritanie (photo : UNHCR - A.O. Barry).
Aux voisins ouest-africains du Mali, le Premier ministre avait promis la formation d’un nouveau gouvernement pour le 31 juillet. Un gouvernement d’union nationale exigé sous peine de sanctions économiques et politiques par la Mauritanie, le Niger, l'Algérie et le Burkina Faso, face à un afflux de réfugiés sans précédent. Selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, plus de 350 000 personnes ont fui les combats entre l’armée malienne et les rebelles touaregs depuis janvier 2012. Puis en mars, le coup d’Etat militaire a précipité l'occupation du Nord Mali, soit plus de la moitié du territoire, par des groupes liés à Al-Qaïda au maghreb islamique (Aqmi), qui imposent la charia et s’en sont pris aux mausolées des saints musulmans. Mais comment intégrer ces groupes de rebelles armés dans un gouvernement d’union nationale sans remettre en cause la souveraineté malienne ?


Préserver la souveraineté malienne face aux rebelles du Nord Mali

Le nouveau gouvernement d’union nationale doit avoir la légitimité suffisante pour lancer une contre-offensive dans le nord du pays si le dialogue se révèle impossible. Prête à déployer quelque 3000 hommes pour réprimer la rébellion, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) n’attend plus que l’aval du Conseil de sécurité de l'ONU et une demande officielle de Bamako. Elle attend également une aide logistique et technique que plusieurs pays occidentaux, dont la France, sont disposés à apporter.


Laurent Fabius « préoccupé » par la situation au Mali

Laurent Fabius discute avec Mahamadou Issoufou, président du Niger, le 27 juillet 2012 à Niamey (AFP - Boureima Hama).<br/>
Laurent Fabius discute avec Mahamadou Issoufou, président du Niger, le 27 juillet 2012 à Niamey (AFP - Boureima Hama).
En tournée en Afrique subsaharienne depuis jeudi 23 juillet, le ministre français des Affaires Etrangères a déclaré que la France était prête à servir de facilitateur dans la crise malienne. "Mais si les groupes armés qui occupent le Nord refusent la discussion, il faudra que les forces africaines passent à l’action dans le cadre de dispositions internationales," a-t-il déclaré lors d'un entretien avec le président nigérien Mahamadou Issoufou.


Retour sur les événements 2012

22 mars coup d’Etat militaire mené par Amadou Haya Sanogo contre le président Amadou Toumani Touré, élu en 2002
30 et 31 mars Ansar Dine, le MNLA et Aqmi s'emparent de Kidal et de Gao
2 avril Ansar Dine, le MNLA et Aqmi s'emparent de Tombouctou
6 avril démission d’Amadou Toumani Touré.
12 avril Dioncounda Traoré investi président de la République par intérim
17 avril Dioncounda Traoré nomme Cheick Modibo Diarra Premier ministre
21 mai des manifestants agressent violemment Dioncounda Traoré dans son bureau
23 mai gravement blessé, Dioncounda Traoré est transféré au Val-de-Grâce à Paris
30 juin les islamistes d'Ansar Dine détruisent des mausolées de saints musulmans
7 juillet la Cédéao exige la formation d'un gouvernement d'union national d'ici le 31 juillet
27 juin retour de Dioncounda Traoré à la présidence du Mali