Ebola : contre le virus, des initiatives originales

Affiche concernant le virus Ebola en Afrique de l'Ouest © AFP
Affiche concernant le virus Ebola en Afrique de l'Ouest © AFP

Alors que le virus Ebola a déjà tué près de 1500 personnes et continue de progresser en Afrique de l'Ouest, certains Africains, notamment Ivoiriens, se mobilisent pour sensibiliser la population. En voici quelques exemples. 

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#Moussercontreebola ou #StopEbola. Ces deux hashtag ( ou mots clés), créés par des Ivoiriens, ont tous deux la même fonction : sensibiliser la population aux virus Ebola qui s'étend en Afrique de l'Ouest. 
Le premier projet est une chanson écrite le journaliste Israël Yoroba. "L'idée était de pouvoir, en tant que citoyen, contribuer à la sensibilisation. Certains utiliseraient des mégaphones dans des marchés, moi j'utilise la chanson" explique le journaliste. Si en Côte d'Ivoire, aucun cas de virus Ebola n'a été détecté, les Ivoiriens semblent préoccupés par une éventuelle propagation de la maladie. Le gouvernement a d'ailleurs pris des mesures draconiennes : elle a décidé de fermer ses frontières terrestres avec la Guinée (407 morts) et le Libéria (624 décès). 
 
Dans ses paroles, Israël Yoroba explique les symptômes liés au virus, donne des conseils d'hygiène et règles de vie à respecter pour éviter que le virus n'arrive jusqu'en Côte d'Ivoire. "Il faut se laver les mains avec de l'eau et du savon""Ne touche pas, ne mange pas. Il faut éviter la viande de brousse" chante le journaliste. 


Mais la "chanson n'est n'est pas uniquement pour la Côte d'Ivoire, elle s'adresse aux autres pays également. C'est d'ailleurs pour cela qu'on a choisi une musique comme le reggae qui est une musique universelle. On a choisi le français parce que c'est une langue qui est parlée dans beaucoup de pays. D'ailleurs, il y a une version sous titrée en anglais qui va arriver dans quelques jours. Cela sert a sensibiliser en interne les Ivoiriens et aussi pour faire entendre le message à tous les pays". 

La chanson est sortie le 18 août dernier. Elle a déjà plus de 8000 vues sur Youtube (voir la vidéo ci-dessus). Israël Yoroba vient même de signer un contrat avec un opérateur téléphonique ivoirien pour que sa chanson serve de tonalité d'appel. L'objectif désormais : "qu'elle soit vulgarisée et que l'on puisse l'entendre à la radio et dans les lieux publics" souhaite le journaliste. La chanson est libre de droit et donc téléchargeable gratuitement sur le blog de son créateur. 
MTN est un opérateur téléphonique en Afrique de l'Ouest
MTN est un opérateur téléphonique en Afrique de l'Ouest

Comme lui, Edith Brou, une bloggeuse ivoirienne a voulu participer à la lutte contre Ebola. C'est pourquoi elle a lancé le concept #moussercontreebola. Une pratique détournée du "Ice Bucket Challenge" inventé par des sportifs américains. Le but est de se filmer en se versant une sceau d'eau mousseuse sur la tête avant de désigner trois personnes qui devront faire la même chose. Si ces personnes relèvent le défi, elles doivent distribuer une lotion désinfectante à chacune des trois personnes nominées. Si l'une d'entre elle refuse le challenge, elle devra distribuer plusieurs lotions.
 
Sur Twitter, de nombreuses vidéos circulent, les internautes se prêtent au jeu et l'information se répand. Edith Brou a évidemment donné l'exemple en se versant un saut d'eau savonneuse sur la tête.  


D'autres personnes se sont mobilisées face à ce virus. Parmi elles, le célèbre joueur libérien Georges Weah. Il vient d'enregistrer une chanson "We must all arise to fight Ebola" ("Nous devons tous nous lever pour combattre Ebola") avec le musicien ghanéen Sydney. Son but est de faire passer l'information pour éviter que l'épidémie ne se propage trop rapidement. Il a également annoncé la création d'une association "Ebola Emergency France" pour recueillir des dons. Dans son élan, il a appelé ses amis footballeurs (Didier Drogba, Samuel Eto'o, Yaya Touré...) à se mobiliser. Il veut profiter de leur influence sur le continent pour sensibiliser les populations. 
 
Si quelques initiatives fleurissent ici et là en Afrique, elles restent encore trop rares pour sensibiliser toutes les populations. D'autant plus que dans certaines régions reculées d'Afrique, les idées reçues persistent et on continue de manger de la viande de brousse qui véhicule l'épidémie. Pour ces populations, souvent rurales, Ebola serait un "virus de Blancs pour décimer la population africaine".