Afrique

Emmanuel Macron rencontre Mohammed VI au Maroc

(Alain Jocard/ Pool Photo via AP)

Emmanuel Macron a effectué mercredi 14 juin une visite « d'amitié et de travail » de 24 h au Maroc. Ce premier déplacement au Maghreb du président français depuis son élection intervient alors qu'un mouvement de révolte secoue la région du Rif depuis plusieurs semaines.

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Sur le tarmac de l'aéroport de Rabat ce 14 juin 2017, le chef de l'Etat français, accompagné de son épouse Brigitte, a été accueilli à sa descente du falcon présidentiel par le roi Mohammed VI, lui même au côté de sa femme, la princesse Lalla Salma, et son fils, le prince Hassan. Une cinquantaine de soldats de la garde royale, tout de blanc vêtus et baïonnette au canon, formait une haie d'honneur.
 
Le président a ensuite été reçu plus d'une heure par le souverain marocain au Palais royal, en compagnie de son fils de 14 ans, Moulay Hassan, et de son frère Moulay Rachid. Le soir, le couple Macron était convié au repas de rupture du jeûne du Ramadan offert par le roi en leur honneur dans sa résidence personnelle de Dar al Salam, avant de repartir jeudi matin pour Paris.
 
 

Une visite « d'amitié et de travail »

Il s'agit de la première rencontre du président Macron avec le souverain, pour cette première visite dans le royaume depuis son élection mi-mai 2017. Cette visite « d'amitié et de travail » est le premier déplacement du président français dans le Maghreb, et le second en Afrique.

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"Je remercie le roi pour son accueil chaleureux, je suis très touché par sa marque d'amitié et le caractère très personnel de la relation qui s'est nouée entre nous", a dit M. Macron lors d'un point de presse au terme de cette visite mi-privée mi-officielle.

"J'ai réaffirmé la volonté de la France d'accompagner les réformes menées par le roi, comme la modernisation des institutions, le développement social et territorial, les programmes de lutte contre les inégalités et l'insertion du Maroc dans la mondialisation, a-t-il dit.
 


Convergence sur le Qatar

Au cours de leur entretien, les deux hommes ont aussi constaté leurs convergences de vues sur la crise au Qatar, chacun poursuivant ses efforts pour trouver une issue diplomatique et apaiser les tensions.

Le président français compte notamment rencontrer prochainement à Paris un haut dirigeant des Emirats arabes unis.

Il a par ailleurs assuré que Mohammed VI était "préoccupé" par la situation dans le Rif, région du nord du royaume en proie depuis des mois à un mouvement de contestation populaire.

"Je n'ai pas eu lieu de craindre une volonté de répression", a-t-il ajouté, interrogé sur les arrestations des leaders du mouvement ces dernières semaines, mais "plutôt d'une volonté de répondre dans la durée aux causes profondes" de la contestation.

Contestation dans le Rif

Cette visite s'inscrit dans un contexte particulier marqué par un mouvement de contestation dans le Rif (Nord du Maroc), depuis le mois d'octobre. Pour répondre aux revendications exprimées dans la rue, l'Etat marocain a relancé ou accéléré une série de projets d'infrastructures. Parallèlement la police a procédé depuis le 26 mai à plus d'une centaine d'arrestations, qui ont renforcé l'effervescence dans la rue.

Vingt-cinq associations de France et du Maghreb ont adressé en début de semaine une lettre ouverte à Emmanuel Macron notamment pour dénoncer la répression dans le Rif. « Votre prochaine visite au Maroc peut être une occasion pour faire part aux plus hautes autorités de cet Etat des inquiétudes et préoccupations quant aux atteintes aux libertés fondamentales », écrivent-elles.

Cette visite a été très commentée sur les réseaux sociaux, suscitant des commentaires parfois très critiques.
 

Ce mouvement populaire est né à la suite du décès de Mouhcine Fikri, mort broyé dans une benne le 28 octobre 2016 alors qu'il tentait de sauver sa marchandise confisquée.

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L'ACAT (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture) a elle demandé à Emmanuel Macron « la même fermeté qu'avec Vladimir Poutine » sur la question des droits de l'homme au Maroc, à propos du procès de 24 militants sahraouis qui se déroule depuis le 13 mars, entaché selon ATAC « d’aveux signés sous la torture ».