Entretien avec Blaise Compaoré, président du Burkina Faso

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Blaise Compaoré : “Nous voulons des membres permanents au Conseil de sécurité de l'ONU avec droit de veto“

Quel est votre sentiment sur ce 25ème Sommet Afrique-France ?

Nous en sommes au 25ème sommet ce qui est un indicateur de la qualité de ce partenariat. Nous avons abordé des questions qui touchent à notre volonté de changer l'Afrique, nos relations avec la France mais aussi d'inscrire la responsabilité africaine dans la gestion des affaires du monde.

Nous avons beaucoup apprécié les thèmes choisis. L' Afrique et la France ont en partage des intérêts économiques et humains évidents. Cela permet de discuter franchement sur des sujets auparavant tabous comme la question de la démocratie. L' Afrique est aujourd'hui pleinement engagé sur cette voie. Et également les partenariats nécessaires entre les entreprises françaises et le secteur privé africain.

Une grande question de ce sommet était la place future de l'Afrique au sein du Conseil de Sécurité de l'ONU. Quelle est la position du Burkina-Faso à ce propos ?

Nous suivons la position africaine : l'Afrique a aujourd'hui une représentation faible au niveau de la gouvernance mondiale et en venant à Nice, nous voulons échanger avec la France pour voir comment conduire les transformations des institutions internationales. Nous le faisons avec d'autres grands de ce monde mais l'Afrique ne doit plus être le parent pauvre.
L' Afrique a sa position : c'est d'avoir des membres permanents au Conseil de Sécurité avec un droit de veto. La France nous a fait une proposition de réforme intermédiaire, graduelle. Nous maintenons notre position mais nous discuterons de cette proposition lors de nos prochaines assises.

Propos recueillis par Denise Epoté, Jean-Luc Eyguesier et Patrice Acheré
1er juin 2010