Afrique

Gabon : le président Ali Bongo veut rempiler

Le Président gabonais Ali Bongo Ondimba à la tribune des Nations Unis, lors du sommet sur le Développement, le 26 septembre 2015, à New York (Etats-Unis).
Le Président gabonais Ali Bongo Ondimba à la tribune des Nations Unis, lors du sommet sur le Développement, le 26 septembre 2015, à New York (Etats-Unis).
©AP Photo/Seth Wenig

A 57 ans, Ali Bongo Ondimba, fils d'Omar Bongo, veut rester. Sept ans après son élection, contestée par l'opposition, le chef d'Etat gabonais a officiellement annoncé ce lundi, sa candidature pour le prochain scrutin présidentiel.

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C'est loin de Libreville, que le président Ali Bongo Ondimba a décidé de faire son allocution solennelle, ce lundi 29 février 2016. Le chef de l'Etat gabonais a choisi d'annoncer sa candidature à sa propre succession depuis un chantier de construction dans le sud du pays, plus précisemment dans la localité forestière d'Ozouri, non loin de Port Gentil, dans la province de l'Ogooué-Maritime, la province la plus frondeuse du pays.

Mise en scène présidentielle


Une annonce savamment mise en scène, pas du tout due au hasard de son calendrier présidentiel. Et pour ajouter à la symbolique, le chef de l'Etat gabonais a lancé son appel depuis un pont, jouant à fond la carte de la métaphore.

"Je vous annonce ma candidature à l'élection présidentielle de cette année", a déclaré le chef de l'Etat entouré d'ouvriers sur un pont en construction auquel était accroché une banderole proclamant "changeons ensemble".

Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba reçu par le président français François Hollande, en marge de la COP 21, à Paris (France), 10 novembre 2015.  (AP Photo/Francois Mori)
Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba reçu par le président français François Hollande, en marge de la COP 21, à Paris (France), 10 novembre 2015.  (AP Photo/Francois Mori)
©AP Photo/Francois Mori

Il a aussi déclaré "vouloir lutter avec détermination contre les privilèges indus et bâtir un meilleur vivre ensemble fondé sur l’inclusion, la méritocratie et la solidarité ". En cas de réélection pour un nouveau septennat, il souhaite également œuvrer au passage "d’une économie de rente à une économie diversifiée ". Malgré la stagnation de la production et la chute du prix du baril, le Gabon tire l’essentiel de ses ressources du pétrole.

Ali Bongo Ondimba a donc pris les devants, pour ne pas dire de court les frondeurs de son propre parti qui exigent un congrès de clarification avant l’investiture du candidat à la présidentielle.

Jean Ping, comme unique adversaire ?

Jean Ping, ancien président de la Commission de l'Union africaine, lors d'une conférence sur le terrorisme en Ethiopie, 23 février 2012. AP Photo/ Peter Macdiarmid , Getty Images)
Jean Ping, ancien président de la Commission de l'Union africaine, lors d'une conférence sur le terrorisme en Ethiopie, 23 février 2012. AP Photo/ Peter Macdiarmid , Getty Images)
©AP Photo/ Peter Macdiarmid , Getty Images

Autre symbole, c'est dans la ville de Port-Gentil qu'est né son principal opposant et rival, Jean Ping. Depuis quelques mois, dans le camp adverse, l'opposition se mobilise derrière l'ancien président de la Commission de l'Union africaine, désigné comme candidat unique en janvier dernier par le Front de l’opposition pour l’alternance (Fopa). Une investiture toutefois contestée au sein même de la coalition par Pierre-André Kombila lui-même, le président du Fopa.

Quant au dossier concernant ses origines, et surtout son pays de naissance, ses opposants tentent depuis des mois d'en faire un argument de campagne. Accusé d'avoir fabriqué un faux acte de naissance, et d'être né au Nigeria, ce qui l'empêcherait de solliciter un nouveau mandat, Ali Bongo Ondimba a reçu récemment le soutien en quelque sorte, de la justice française. La plainte pour « faux » sur l’acte de naissance, déposée par sa demi-soeur et l’une des héritières d’Omar Bongo, a été classée sans suite ce lundi à Nantes.

Ali Bongo Ondimba est officiellement déclaré  président de la République, élu avec 41,73 % des voix, le 3 septembre 2009, après le décès de son père Omar Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 1967. Le prochain scrutin doit se tenir à partir de septembre 2016, la Constitution ne prévoit qu'un seul tour.

bongo gabon
©TV5MONDE/propos recueillis par Linda Giguère