Afrique

Gabon: un ou plusieurs morts dans des violences à Libreville

Des fumées sont toujours visibles ce jeudi 1er septembre au matin dans Libreville après les violences qui ont secoué la ville la veille au soir. 
Des fumées sont toujours visibles ce jeudi 1er septembre au matin dans Libreville après les violences qui ont secoué la ville la veille au soir. 
©TV5MONDE

La situation reste confuse à Libreville, au lendemain de l'annonce de la réélection du président Ali Bongo pour un deuxième septennat. Selon l'opposant, et perdant, Jean Ping, joint par la rédaction de TV5monde, l'assaut des forces de sécurité contre le QG ce jeudi dans la capitale gabonaise a fait 2 morts et des blessés. Le ministre de l'Intérieur annonce un millier d'interpellations sur tout le pays.

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En début de matinée, le centre de Libreville était désert et totalement bouclé par la police et des blindés de la gendarmerie après les violences d'hier soir, selon l'AFP.
 


Des scènes de pillages, sans violences, étaient rapportées dans des quartiers périphériques et les communications téléphoniques et internet ont été coupées.

"Il y a deux morts et plusieurs blessés de source sûre", a affirmé Jean Ping évoquant un premier bilan de l'assaut contre son QG, quelques heures après l'incendie de l'Assemblée nationale, point culminant des violences qui ont suivi la proclamation de la victoire à la présidentielle du président sortant Ali Bongo Ondimba.

"Ils ont attaqué vers 01H00 (locale, 00H00 GMT). C'est la garde républicaine. Ils ont bombardé par hélicoptères puis ils ont attaqué au sol. Il y a 19 blessés dont certains très graves", explique Jean Ping qui a précisé qu'il ne se trouvait pas sur lieux et que les blessés n'avaient pas pu être évacués ce matin.

► L'interview en intégralité de Jean Ping qui répond à notre journaliste Antoine Delpierre. Le rival d'Ali Bongo revient sur l'assaut contre son QG et livre son point de vue sur la suite à donner aux résultats de cette élection présidentielle. 

Interview Jean Ping 01092016
©TV5MONDE


Selon nos confrères de RFI, ces violences auraient fait un mort et plusieurs blessés.

 

Deuxième septennat pour Ali Bongo


Le président sortant rempile pour une deuxième septennat. Ali Bongo a été réélu avec 49.8% selon les déclaration du ministre de l'Intérieur Pacôme Moubelet-Boubeya ce mercredi 31 août. Quatre jours après ce scrutin, les résultats officiels provisoires ont été enfin dévoilés mais contestés par le candidat de l'opposition Jean Ping. Ce dernier récolte 48.23% des voix. 


Le score est très serré puisque le président Ali Bongo devance de seulement 5 594 voix son rival sur 356 890 votes exprimés. Soit un taux de participation de 59.46% sur un total de 627 805 inscrits. 

Factuel victoire bongo 31082016
©J-L. Eyguesier.

Dès leur proclamation, ces résultats ont été vivement critiqués par l'opposition et une partie de la population. En cause notamment, le taux de participation de 99.93% dans la province du Haut-Ogooué, fief de la famille Bongo. Le président sortant réélu y a récolté 95.46% des suffrages. L'opposition demande un comptage des voix. 
 

Réaction des internautes gabonais

Sur Internet, les Gabonais montrent aussi leurs divisions, en réagissant vivement , soit pour soutenir le président Bongo, soit pour contester sa victoire. 

Dans le camp pro-Bongo, c'est évidemment sans surprise que les internautes ont laissé éclater leur joie via les réseaux sociaux.
En revanche, dans le camp adverse, on a vu très vite circuler les mot-clés #BongoIsCheating #BongoTriche ou encore certains internautes ont changé leur photo de profil pour un "NON" rouge vif pour marquer leur désapprobation. 


A Libreville, des Gabonais sont descendus dans la rue mercredi soir pour exprimer leur colère en criant "Ali doit partir". Des affrontements avec les forces de l'ordre ont été constatés par la correspondante de l'AFP sur place Célia Lebur.

tel célia AFP gabon affrontement 31082016
©TV5MONDE

Les forces de l'ordre qui ont utilisé des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes. Sur Internet, des Gabonais relaient des images de la mobilisation dans les rues de la capitale. 
 

Michaelle Jean, Secrétaire Générale de la Francophonie a fait part de sa préoccupation ce jeudi en fin d'après-midi: "La population gabonaise était en droit d'espérer des élections dans les meilleures conditions. Or, elle vit désormais dans la peur et l'insécurité. Nous déplorons déjà des morts et des blessés dans les incidents graves survenus cette nuit. Mes pensées vont aux familles endeuillées et je peux imaginer les traumatismes causés à l'ensemble du pays par ces actes de violence, les incendies, les menaces, les affrontements et les pillages. Ce n’est pas acceptable.
J’appelle instamment tous les acteurs à rejeter la violence, à faire preuve de responsabilité et à privilégier, en toutes circonstances, les voies du dialogue.
"