Gabon : tensions autour d'un possible recomptage des voix

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©TV5MONDE/ I.Taoufiqi.C.Alline

Ali Bongo s'en prend aux observateurs de l'UE qui relèvent "une anomalie évidente" dans les résultats de la présidentielle. Un possible recomptage des voix continue de soulever des tensions dans le pays. Officiellement, les affrontements post-électoraux auraient fait 3 morts, plus selon des témoins rencontrés par nos reporters sur place. Reportages.

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Les observateurs de L'Union européenne ont annoncé, mardi 6 août, avoir relevé "une anomalie évidente" dans les résultats du Haut-Ogooué. Dans ce fief du président réélu Ali Bongo, une participation frôlant les 100% a été enregistrée. Il y a recueilli 95% des suffrages. 

Du côté de l'opposition, Jean Ping ne cesse de réclamer un recomptage, tout comme la France, depuis l'annonce des résultats la semaine dernière. 

Sur la radio française RTL, Ali Bongo s'en ai pris aux observateurs de l'UE, ce mercredi 7 septembre : "J'aurais aussi apprécié qu'on relève quelques anomalies dans le fief de monsieur (Jean) Ping. Si on veut relever les anomalies, il faut être clair, équilibré et relever toutes les anomalies si on en a constaté".

Il a aussi ajouté sur le recomptage :"Nous avons une loi qui a été votée en 1996 et qui régit tout le processus électoral. Je ne peux pas violer la loi. En ce qui concerne le recomptage, ceci est prévu dans le cadre de la loi et se fait au niveau de la Cour constitutionnelle. Mes adversaires le savent, ils ont fait voter cette loi. Et quand cette loi a été votée, je n'étais même pas au gouvernement alors que certains d'entre eux y étaient".

tél RTL ali bongo 06092016
©TV5MONDE



L'opposition a jusqu'à jeudi 8 septembre pour déposer un recours devant la Cour constitutionnelle qui reste inféodée à la présidence de Bongo.

Récits d'une nuit de violence au QG de Jean Ping

Depuis l'annonce des résultats, des affrontements ont eu lieu dans tout le pays. Mais il reste difficile d'en dénombrer le nombre de victimes.  

Dans la nuit de mercredi 31 août au jeudi 1er septembre, les forces de sécurité gabonaises prennent d'assaut de Jean Ping où sont réunis près de 1000 personnes. Des partisans de l'opposant Jean Ping témoignent aujourd'hui de cette nuit violente auprès de nos reporters sur place. Il raconte avoir vu les corps de six cadavres et des blessés aussi. 

Le ministère de la Communication gabonais assure que les violences post-résultat électoral n'auraient fait que 3 morts. Pourtant nos journalistes sur place ont recueilli plusieurs témoignages qui font état d'un bilan plus lourd. 

Ces violences n'ont pas seulement eu cours dans la capitale mais aussi dans le reste du pays comme à Bitam. Dans cette ville à la frontière camerounaise, des affrontements ont éclaté. Des commerces ont été incendiés, la plupart appartenant à des membres de la communauté haoussa. 

Si Jean Ping assure que les violences ont fait entre "5 à 100 morts" dans le pays, le président réélu assure sur l'antenne de RTL toujours : "Monsieur Ping a l'habitude d'avancer beaucoup de choses qu'il ne peut pas prouver."