Guinée : ambiance à une semaine de la présidentielle

A quelques jours de l'élection présidentielle, l'ambiance est un peu tendue en Guinée. Des affrontements ont fait un mort et 80 blessés ce weekend à N'zérékoré. Ils opposaient partisans du président Alpha Condé et sympathisants de son rival Cellou Dalein Diallo. Reportage à Conakry, la capitale du pays.

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Sono volume maximum, pagne à l'effigie de leur candidat, l'ambiance semble bon enfant. Mais si ces femmes donnent de la voix et du rythme pour Alpha Condé, les esprits sont préoccupés. En province, les meetings dérapent. Alors une priorité : que tout se passe dans le calme. "Chez nous ici, il n'y a pas de violence, chacun est libre de faire ce qu'il veut et de soutenir le camp opposé", explique une des militantes du président actuel.

Face à face deux villages de campagne ... On se défie du regard on se lance des noms d'oiseau. Ici, les militants sont très jeunes. Abdoul Sacko, lui n'est pas un partisan mais un médiateur, et il a décidé de s'impliquer directement sur le terrain.

Avec ses collègues ils prennent note des discours des candidats, veillent à ce que les débats ne tournent pas autour de l'ethnie, un risque réel pour ce scrutin. "La société civile doit s'engager, surtout nous les jeunes, affirme Abdoul Sacko. Nous ne comprenons pas la démocratie comme une question d'identité, nous ne comprenons pas la démocratie comme une question de guerre entre vous là-bas, mais de quoi vous êtes capables pour nous".

Car entre les appels au report du scrutin et l'ambition affichée du président sortant de gagner au premier tour, l'heure n'est pas à l'apaisement. Rédaction du journal satirique Le Lynx... Ici on grime Alpha Condé, on caricature les clichés des opposants. Mais en cette  période de campagne, la règle est à la prudence... Les reporters font disent ils du journalisme de paix.

"Il y a eu lieu pour nous, médias, de jouer notre responsabilité, de faire appel à cette paix dont tous les Guinéens parlent, assure le rédacteur en chef du journal Le Lynx. Malheureusement dans certains discours, on ne voit pas cet appel. Parce que le candidat qui perd les élections, s'il fait appel à ces militants pour manifester, vous voyez les conséquences qui pourraient advenir".

En 2010 les Guinéens avaient voté pour la première fois librement. Dimanche, ils devront renouveler l'expérience pour consolider leur démocratie.