Guinée : premiers résultats partiels dévoilés, l'opposition conteste

En Guinée, l'attente se prolonge quatre jours après la présidentielle. La Commission électorale a donné, mercredi 14 octobre, les tout premiers résultats partiels du scrutin. Le président Alpha Condé est nettement en tête mais l'opposition conteste les résultats. Le point avec notre correspondante à Conakry.

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Le président Alpha Condé était nettement en tête des résultats provisoires partiels du premier tour de la présidentielle dimanche, les tout premiers proclamés mercredi soir par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Peu auparavant, son principal adversaire, le chef de l'opposition Cellou Dalein Diallo, qui réclame l'annulation du premier tour, dénonçant une "fraude massive", avait annoncé par la voix de son porte-parole Aboubacar Sylla "mettre un terme définitif à sa participation au processus électoral actuel" et retirer ses représentants de ce "simulacre d'élection".

Sur des résultats partiels portant sur environ un quart des six millions d'électeurs, soit 10 préfectures sur 38, trois des cinq communes de Conakry et l'essentiel du vote des Guinéens de l'étranger, M. Condé était largement en tête, devant M. Diallo qui distançait lui-même très nettement les six autres candidats.

La Céni espère pouvoir annoncer les résultats provisoires à l'échelle nationale en fin de semaine, a indiqué mercredi son porte-parole, Amadou Salif Kebe.
"Nous espérons que toutes les circonscriptions auront fini et nous auront envoyé les résultats à partir de vendredi après-midi, où nous allons faire les totaux provisoires en ce qui concerne les résultats", a déclaré M. Kebe à l'AFP. La Céni dispose d'un délai légal pour annoncer ces résultats de 72 heures après réception du dernier procès-verbal en provenance des quelque 14.000 bureaux de vote.

Dénonçant comme une "mascarade électorale" la série de problèmes de logistique et d'organisation observés le jour du vote, les sept candidats en lice face au président sortant ont réclamé lundi l'annulation du premier tour.

M. Diallo a franchi mercredi une nouvelle étape en appelant tous ses représentants dans le processus électoral, "en particulier les commissions administratives de centralisation des votes (CACV), à y cesser toute activité et à se retirer totalement de ces organes". Son parti "réitère sa détermination à user de tous les moyens légaux, y compris les manifestations pacifiques autorisées par notre Constitution en son article 10, pour protester contre le déni de démocratie et de justice dont se rendent coupables les autorités actuelles", a ajouté son porte-parole.