Afrique

Jacob Zuma, 9 ans d'une présidence marquée par les scandales

Bilan Jacob Zuma
© TV5MONDE

Le très controversé président sud-africain Jacob Zuma a annoncé mercredi soir sa démission "avec effet immédiat", se pliant aux ordres de son parti, le Congrès national africain (ANC).

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Pendant neuf ans Jacob Zuma aura beaucoup dansé, beaucoup chanté, beaucoup ri aussi. Mais la fin de partie a sonné pour celui qui aura survécu à 8 motions de défiance. Et ce sont ses frères d'armes de l'ANC qui l'ont poussé vers la sortie.
 
Le risque pour l'ANC, c'est que s'il reste au pouvoir, le parti ne pourra pas gagner les prochaines élections en mai 2019.Susan Booysen, analyste politique
Pas question en effet de porter plus longtemps les turpitudes du président sud-africain. Pourtant, pendant des années, le parti au pouvoir a fermé les yeux, laissant le soin à l'opposition de dénoncer des scandales de corruption à répétition au sommet de l'Etat.

En 2014, les sud-africains apprennent que Jacob Zuma a fait rénover sa résidence privée à Nkandla aux frais de l'Etat pour 20 millions d'euros. L'opposition lui demande de rembourser. Fin de non recevoir du président :
 
Je ne rembourserai rien... rien.
Face au tollé,  il se ravise et accepte d'en rembourser une partie au moins.

En 2016, pas de répit, le "Gupta Gate" éclate : Jacob Zuma serait sous influence des Gupta, richissime famille d'origine indienne très proche du président :
 
De très nombreux marchés douteux en ont résulté. Ces trois frères ont eu une influence démesurée, jusqu'à choisir certains ministres qui composent le gouvernement de Zuma. Tout cela a généré un fort manque de confiance et de respect vis-à-vis de l'ANC, le parti au pouvoir.Susan Booysen, analyste politique
Et puis il y a le le bilan économique calamiteux : en 2014 l'ancienne première puissance du continent se fait damer le pion par le Nigeria. Croissance anémiée, faibles investissements étrangers et un chômage qui frôle les 36 %. Pire, selon un audit public, 5 % du PIB et 9 % des dépenses publiques seraient détournés chaque année.

Cela ne passe pas. Et Cyril Ramaphosa, l'homme qui a pris la tête de l'ANC en décembre dernier l'a bien compris :
 
Nous allons continué à combattre la corruption et à nous assurer que ceux qui sont corrompus et qui ont volé l'argent des pauvres soient jugés.Cyril Ramaphosa
Un message à peine voilé à destination de celui dont il rêve de prendre la place.  D'ailleurs, l'immunité judiciaire a été refusée à Jacob Zuma, et c'est Cyril Ramaphosa qui l'a annoncée le 8 février dernier.

Ce mercredi 14 février 2018, celui qui a dirigé l'Afrique du Sud pendant neuf ans accepte enfin de quitter le pouvoir : "J'ai décidé de démissionner du poste de président de la République avec effet immédiat, même si je suis en désaccord avec la direction de mon organisation."
Le président Jacob Zuma annonce sa démission lors d'une allocution à Pretoria le 14 février 2018.
Le président Jacob Zuma annonce sa démission lors d'une allocution à Pretoria le 14 février 2018.
©AP Images/Themba Hadebe