Afrique

Kenya : plusieurs morts dans les violences post-électorales

Kenya violences
Antoine Delpierre, TV5 Monde.

Au moins une dizaine de personnes issue des bidonvilles de la capitale est morte depuis l’annonce officielle de la réélection du président Uhuru Kenyatta, vendredi. Des zones acquises à l'opposition, qui de son côté, avertit qu’elle ne renoncera pas à obtenir la proclamation de son candidat Raila Odinga comme vainqueur de la présidentielle. 

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Plus de 11 personnes ont été tuées à Mathare, Kibera et Kawangware, des bidonvilles de Nairobi. Différentes sources sur place, parlent plutôt de 24 morts, y compris une ONG locale, la Commission des droits de l'Homme. Bilan provisoire des violences qui ont éclaté après l’annonce officielle de la réélection du président Uhuru Kenyatta dans les quartiers qui soutiennent l’opposant et candidat malheureux Raila Odinga.  Des responsables de  la coalition d’opposition parlent plutôt d’une centaine de personnes tuées par les forces de sécurité kényanes sans pour autant présenter des preuves. 

Des témoins sur place craignent que le bilan ne s’alourdisse car les fiefs de l’opposition, notamment à Kibera, où Raila Odinga a voté, restent en ébullition. 
Dans l’ouest du pays, à Kisumu, ce bastion de l’opposition a connu également des affrontements entre manifestants et policiers dans les quartiers pauvres de la ville. Un homme y est décédé, selon les autorités locales. Des informations à prendre avec des pincettes car les services de santé et un journaliste local affirment que le bilan est plus lord, selon RFI. 

De son côté, l’opposition kenyane avertit qu’elle ne renoncera pas à obtenir la proclamation de son candidat Raila Odinga comme vainqueur de la présidentielle. Pour la coalition qui dénonce la partialité des observateurs internationaux « la répression des émeutes par la police est une tentative de soumettre l’opposition ». Le pays attend avec impatience le discours de Raila Odinga qui pourrait mettre le feu aux poudres ou au contraire apaiser la situation en acceptant sa défaite. 

La population redoute une vague de violences. Il y a dix ans, plus de 1 100 personnes avaient été tuées et 600 000 déplacées en deux mois de violences post-électorales, les pires depuis l’indépendance en 1963, après la réélection fin décembre 2007 de Mwai Kibaki, déjà contestée par Raila Odinga.