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La campagne pour les législatives s'ouvre au Sénégal

capture plato sénégal
TV5MONDE

47 listes, un nombre record, participeront aux élections législatives du 30 juillet prochain au Sénégal alors qu'elles n'étaient que 24 en 2012. La campagne a débuté ce dimanche à minuit. Ces élections, prélude à la présidentielle prévue en 2019, s’annoncent tendues.

 

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Les candidats ont vingt et un jours pour convaincre les Sénégalais d'aller voter car le risque d'abstention est élevé et n'étonnerait personne. Vingt et un jours qui s'annoncent mouvementés : l'opposition n'a pas réussi à s'accorder sur une liste unique formée de ses principaux chefs, le projet d’alliance électorale entre l’ancien président Abdoulaye Wade et le maire de Dakar, Khalifa Sall, ayant avorté. Malgré de nombreuses discussions, chacun est resté campé sur ses positions. C'est donc en ordre dispersé que l'opposition a débuté la campagne pour les élections législatives ce dimanche.
 

Khalifa Sall dirigera la campagne depuis sa cellule

Une campagne que le maire de Dakar, incarcéré depuis le mois de mars, devrait diriger depuis sa cellule, à moins qu'une décision de justice ne vienne en décider autrement. Ses avocats ont saisi la justice pour demander à ce qu'il bénéficie d'une liberté provisoire, ce qui lui permettrait de participer à la campagne.  
Khalifa Sall a été inculpé pour détournement présumé de fonds publics, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux. La justice l'accuse notamment d'avoir prélevé pendant plusieurs années plus de 2,7 millions d'euros dans les caisses de sa mairie, ce qu'il nie.
Ses partisans dénoncent cet emprisonnement comme une tentative pour éliminer un adversaire politique de taille, bien que cette accusation soit rejetée par le pouvoir. Khalifa Sall pourrait en effet se présenter comme candidat à l'élection présidentielle de 2019 contre le chef de l'État actuel Macky Sall. 

C'est donc sans lui que le camp de Khalifa Sall mènera ses opérations de campagne. Encore faudra-t-il remporter la bataille de Dakar – dont la région totalise 4 départements et 17 députés –, l’un des enjeux majeurs de ces législatives. Un combat incertain pour un candidat emprisonné.
 

Le retour d'Abdoulaye Wade

Ces élections sont également l'occasion d'assister au retour sur le devant de la scène d'Abdoulaye Wade. A 91 ans, l'ancien président sénégalais, qui a dirigé le pays de 2000 à 2012, va conduire une autre liste de l'opposition, la coalition gagnante Wattu Senegaal. En séjour depuis plusieurs mois en France, il est arrivé à Dakar lundi en fin d'après-midi.
 
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Abdoulaye Wade préparerait ainsi le terrain pour la candidature en 2019 de son fils Karim, exilé au Qatar à la suite de sa condamnation pour enrichissement illicite. L'ancien président a notamment déclaré que la grâce dont a bénéficié son fils il y a un peu plus d'un an et son exil au Qatar avaient été organisés par Macky Sall. Ce dernier aurait insisté auprès de l'émir du Qatar pour que Karim Wade puisse être accueilli. Avec l'idée de l'éloigner du pays. Ce que dément la présidence qui assure détenir des courriers prouvant que c'est à la demande de la famille Wade que Karim Wade a été gracié.

Si l'opposition espère remporter ces législatives pour imposer une cohabitation au président Macky Sall, la division de ses membres risque a contrario de rendre la tâche difficile voire impossible. Pour le plus grand bonheur de la coalition présidentielle.
 

Les législatives, un enjeu pour Macky Sall

Car derrière ce scrutin se cache la présidentielle de 2019, son véritable enjeu. Macky Sall a choisi son Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne comme tête de liste de la coalition Benno Bokk Yakaar. Son objectif : défendre le bilan du gouvernement. Un Livre blanc, publié vendredi, retrace les réalisations du président sénégalais depuis son élection en avril 2012. 

La coalition Benno Bokk Yaakaar a organisé un meeting d'ouverture ce dimanche près de Touba. Une étape obligatoire pour les candidats, qui devraient se rendre à tour de rôle dans la ville sainte des mourides, mais aussi à Tivaouane, cité religieuse de la confrérie des Tidianes.
 

La campagne va durer jusqu'au 28 juillet selon la Commission électorale nationale autonome (Cena), chargée de superviser le scrutin. 
Afin de réduire le temps du vote, l’Assemblée a adopté jeudi dernier un texte autorisant les électeurs à ne prendre, avant de se rendre à l’isoloir, que cinq bulletins – au lieu de la totalité, obligatoire jusqu’ici. 
Le scrutin du 30 juillet vise à renouveler l'Assemblée nationale dont le nombre de sièges va passer de 150 à 165, après une révision constitutionnelle adoptée en mars 2016 et créant 15 députés pour représenter la diaspora sénégalaise.