La Chine, premier investisseur étranger en Afrique en 2016

Un agent de sécurité chinois attend à côté des drapeaux des différents pays africains, lors de l'ouverture de la réunion annuelle de la Banque africaine de développement, le 16 mai 2007 à Shangai.
Un agent de sécurité chinois attend à côté des drapeaux des différents pays africains, lors de l'ouverture de la réunion annuelle de la Banque africaine de développement, le 16 mai 2007 à Shangai.
(AP Photo/Eugene Hoshiko)

La dernière édition du rapport du Financial Times sur les investissements directs étrangers en Afrique, publiée en août 2017, montre que la Chine est le pays qui a fourni le plus de fonds au continent en 2016.

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"Pour la première fois depuis 2003 et le début de notre suivi des investissements directs en Afrique, la Chine a dépassé les Etats-Unis en termes de capitaux investis dans la région." Ce constat est l'un des points clés du rapport 2017 sur les investissements en Afrique, édité chaque année par le quotidien économique britannique Financial Times (The Africa investment report 2017, lien en anglais). Cette édition recense et analyse les investissements directs à l'étranger (IDE) réalisés en 2016 vers le continent.

La Chine investit 15 fois plus en 2016 qu'en 2015

Avec au premier chef, des investissements chinois. Le pays a engagé 36,1 milliards de dollars en Afrique en 2016, soit quinze fois plus que l'année précédente (2,3 milliards de dollars). La Chine se place ainsi en tête des pourvoyeurs de capitaux étrangers en Afrique en 2016, alors qu'elle n'occupait que la neuvième place de ce classement un an plus tôt. C'est alors l'Italie, suivie des Etats-Unis et de la France, qui menaient la danse avec respectivement 7,4, 6,8 et 5,7 milliards de dollars investis.

Comment expliquer une telle progression ? La Chine est connue pour son implication de longue haleine sur le continent. Il y aurait plus de 10 000 entreprises chinoises en Afrique aujourd'hui, selon une étude publiée fin juin (lien en anglais). Les auteurs du rapport annuel édité par le Financial Times soulignent deux investissements importants réalisés par le pays en 2016 : 3,3 milliards de dollars destinés à l'Algérie par la Société nationale chinoise des travaux et construction, plus gros conglomérat immobilier du pays. Mais surtout, 20 milliards annoncés par la société China Fortune Land Development, à destination de l'Egypte, dans le cadre de son projet de nouvelle capitale administrative. En tout, la Chine a investi dans 62 projets.

En effet, les sommes investies (les capitaux) sont allouées à des projets précis (projets d'investissement). Les auteurs du rapport effectuent leurs classements selon ces deux catégories : les capitaux versés/reçus par un pays ; le nombre de projets d'investissements concernés par le versement de ces capitaux (voir infographie ci-dessous).
 

Le secteur de la construction a le vent en poupe

De manière générale, le nombre de projets d'investissement sur le continent a baissé de 16 % entre 2015 et 2016, tandis que les capitaux ont augmenté de 40 %. Autrement dit : les sommes investies par projet sont, en moyenne, plus conséquentes.

Les auteurs du rapport soulignent un intérêt de plus en plus vif pour le secteur de la construction. La part de celui-ci est passée de 14 % à 40 % entre les deux années, tandis que celle des industries extractives (mines) est tombée de 23 % à 4 %. En cause notamment : l'évolution démographique des villes africaines. "La population urbaine augmente de 15 millions de personnes chaque année en Afrique selon les Nations unies, indiquent les auteurs du rapport. Soit autant de gens qu'à New York, Los Angeles et Chicago réunies." Ils notent également que les investisseurs étrangers ont tendance à diversifier leurs points d'intérêt.

Comme en 2015, l'Egypte est le principal bénéficiaire en termes de capitaux reçus. Certes dans le cadre de son projet de nouvelle capitale, mais aussi, rappellent les auteurs, parce que le pays a annoncé en 2016 une série de réformes économiques et financières visant à restaurer la confiance des investisseurs étrangers. Le secteur de l'immobilier y a augmenté de près de 18 % en 2015-2016, et en moyenne de 16 % chaque année depuis 2011-2012 et la révolution.

L'Afrique du Sud, elle, enregistre le plus grand nombre de projets. C'était déjà le cas l'année précédente. Autre constante : en 2016 comme en 2015, la Côte d'Ivoire gagne de nombreux investissements. Ce pays, l'une des plus importantes économies de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, a gagné 27 % de projets d'investissement entre les deux années.