Afrique

Le premier ministre libyen affirme vouloir mettre fin "aux souffrances des migrants"

©AP PHOTOS/Geert Vanden Wijngaert

Le premier ministre libyen Fayez al-Sarraj, en visite à Berlin jeudi 7 décembre, a promis d'agir pour mettre fin à la "souffrance" des migrants dans son pays, "même si son gouvernement ne contrôle que très partiellement son territoire", comme l'a souligné Angela Merkel.

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Le gouvernement allemand compte soutenir le travail de l'Organisation internationale pour les migrations et du HCR en Libye.
Dans ce contexte, les deux chefs de gouvernement ont entre autres évoqué la situation des migrants africains en Libye, qui vivent"en partie dans des conditions extrêmes et inhumaines, comme le démontre les images choquantes de ces derniers jours", a déclaré la chancelière, faisant allusion à la récente vidéo de la chaine américaine, CNN, montrant des scènes insupportables de vente de migrants noirs aux enchères comme esclaves. 
 
Nous exprimons notre refus et notre dénonciation de ces pratiques si elles existent vraiment                                                                  
                                                                                           Fayez al-Sarraj, Premier ministre libyen
"Il y a eu des rapports internationaux sur l'abus et le mauvais traitement des migrants en Libye. Nous exprimons notre refus et notre dénonciation de ces pratiques si elles existent vraiment", a-t-il répondu. M. al-Sarraj a promis sous peu la publication d'un rapport d'enquête sur ces récentes révélations.

Plus de 500 000 migrants sur un territoire morcellé


"Les chiffres sont ahurissants: nous parlons de 500 000 migrants en dehors des centres de rétention et 20 000 dans les 42 centres dépendants du ministère de l'Intérieur", a plaidé Fayez al-Sarraj lors d'une conférence de presse avec la chancelière allemande à Berlin. Le premier ministre libyen s’est déclaré ouvert pour travailler avec toutes les organisations régionales et internationales afin de mettre fin à la souffrance des migrants et les aider à rentrer dans leurs pays.

Il a néanmoins souligné que beaucoup de migrants ne sont pas dans les camps connus. En effet, depuis la fin de la révolte qui a renversé en 2011 le régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est morcelée et sous la coupe de milices rivales.
Une grande partie du territoire libyen échappe alors encore aujourd'hui au contrôle de son gouvernement et se retrouve sous la coupe de milices. Et bien souvent, les migrants, qui espèrent traverser la Méditerranée pour atteindre l'Europe, se trouvent dans ces territoires entre les mains de passeurs. 

"Il n'a aucun accès à environ 500.000 personnes qui vivent peut-être dans des conditions indignes. Beaucoup reste donc à faire", a souligné Angela Merkel. Cette dernière a néanmoins appelé son homologue libyen à donner aux organisations internationales "un meilleur accès" aux camps sous son contrôle. 
 

L'Union africaine (UA) a, de son côté, annoncé jeudi son intention de rapatrier dans leur pays d'origine 20.000 migrants réfugiés en Libye, dans les six prochaines semaines.

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