Le Sud-Soudan, un Etat fragile

Le Sud-Soudan, 54ème Etat africain, proclame aujourd'hui son indépendance. De nombreux défis attendent ce nouveau pays, né de la partition avec le Nord après un demi-siècle de guerre civile.

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Salva Kiir, le premier président du pays, le 8 janvier 2011 à Juba
Salva Kiir, le premier président du pays, le 8 janvier 2011 à Juba
Dans un sud majoritairement chrétien, lorsque les cloches des églises sonnant minuit (21h00 GMT) ont retenti, une explosion de joie a salué le début du premier jour du nouvel Etat. Des dirigeants étrangers, dont 30 dirigeants africains, et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon sont venus célébrer à Juba l'indépendance du nouvel Etat.

Frontières contestées et facteurs d'instabilité

Le Soudan a reconnu dès vendredi la future République du Sud-Soudan. Omar El-Béchir a déclaré vouloir "aider le Sud-Soudan à devenir un Etat stable et sûr".

Pour Marc Lavergne, chercheur au CNS et spécialiste du Soudan, Khartoum n'a pas eu d'autre choix que d'accepter cette indépendance.


Le Sud-Soudan, un Etat fragile

L'accord de paix signé en 2005, sous la pression notamment des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, a ouvert la voie au référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan, organisé en janvier dernier. Près de 99% des sudistes ont opté pour la sécession au cours de ce vote qui s'est déroulé sans incidents majeurs.

Mais ensuite, les frictions entre le Nord et le Sud se sont multipliées : en mai l'armée soudanaise s'est emparée de l'enclave d'Abyei ; elle est venue à bout par la force des milices pro sudistes orésentes dans le Kordofan-Sud, un Etat du Nord.

Des questions clés doivent donc encore être réglées entre les deux pays, comme le statut de ces provinces frontalières contestées.

De nombreuses ressources

Economiquement, le Sud Soudan est en revanche totalement viable selon Marc Lavergne :

Le Sud-Soudan, un Etat fragile

"Les liens culturels, politiques et commerciaux obligent les deux parties à regarder leur avenir commun en partenaires, pas en rivaux. Un Sud-Soudan viable requiert un Nord-Soudan viable", a martelé Ban Ki-moon.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté vendredi à l'unanimité une résolution créant une Mission des Nations unies au Sud-Soudan (Minuss) dotée de 7.000 soldats, de 900 civils et d'experts pour contribuer à la construction du pays et à la sécurité.

L'objectif est de "soutenir les autorités nationales, en consultation étroite avec des partenaires internationaux, pour consolider la paix et empêcher le retour de la violence", a-t-il expliqué.