Les femmes rwandaises piliers de la reconstruction

Au Rwanda, il n’est pas rare de voir une femme sur un chantier de construction, au guichet d’une banque ou au volant d’un taxi.

Depuis le génocide, les Rwandaises se sont affirmées tant dans la sphère économique que politique.

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“Les Rwandaises ont réussi à sortir le pays du chaos“

Immaculée Ingabire, coordinatrice de la coalition contre les violences faites aux femmes


"Le génocide contre les Tutsis a provoqué de profonds changements. Alors que beaucoup d’hommes étaient morts ou dans l’incapacité d’agir, les femmes ont pris des responsabilités et ont montré qu’elles pouvaient être à la hauteur. Bien qu’elles aient été victimes de viols massifs, les Rwandaises ont réussi à sortir le pays du chaos. Ce qui a brisé le machisme traditionnel.

56,2% de femmes parlementaires

Depuis, d’immenses progrès ont été réalisés sur le plan juridique. Les femmes représentent 56,2 % des députés à l’assemblée. Elles ont acquis le droit d’hériter de leur père et de divorcer. Le viol, y compris le viol conjugal, est condamné par la loi. Toute forme de violence contre les femmes est reconnue comme un délit de coups et blessure. On applique la politique de la tolérance zéro.

Mais tout n’est pas résolu. S’il existe une véritable volonté politique en faveur des droits des femmes, il faut encore faire évoluer les mentalités. Et montrer que la culture n’est pas immuable, que toute société est capable de faire évoluer ses traditions. Aujourd’hui, je vise les générations futures."

Ces Rwandaises qui rélèvent la tête

Venez à la rencontre de Léoncie, Belina et Yvonne, trois Rwandaises qui de la sphère familiale à la sphère politique prouvent que les femmes partagent aujourd’hui le pouvoir.

Reportage: Sophie Roussi et Eric Black
Montage: Stéphane Huonnic
Juin 2010
Ces Rwandaises qui rélèvent la tête

Génocide : les Rwandaises ont payé un lourd tribut

Elles représentaient 70 % de la société civile au lendemain du génocide.

50% d’entre elles ont perdu leur mari pendant le conflit.

De nombreuses autres femmes, dont les maris se sont réfugiés en République démocratique du Congo en 1994 se sont retrouvées du jour au lendemain chefs de famille.

Entre 250 000 et 500 000 ont été victimes de violences sexuelles pendant le conflit.

Des études réalisées auprès de femmes violées durant le génocide révèlent que deux tiers d’entre elles ont été contaminées par le sida ou d’autres maladies sexuellement transmissibles et 80 % demeurent "gravement traumatisées".