Madagascar : la capitale, principal enjeu de la bataille des municipales

Lalao Ravalomanana et son mari, Marc Ravalomanana, l'ancien président de Madgascar, lors des élections municipales de 2015 ©Capture d'écran Facebook
Lalao Ravalomanana et son mari, Marc Ravalomanana, l'ancien président de Madgascar, lors des élections municipales de 2015 ©Capture d'écran Facebook

Vendredi 31 juilllet, les Malgaches votaient pour les municipales. Un test pour le président Hery Rajaonarimampianina contesté depuis des mois. Lalao Ravalomanana, l'épouse de l'ex-président, aurait selon les premières estimations emporté la mairie de la capitale Antananarivo. Mais l'élection, marquée par une forte abstention, n'a pas suscité l'engouement.

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Le dépouillement est en cours à Madagascar mais d'ores et déjà l'ancien président Ravalomanana annonce la victoire de son épouse Lalao à la mairie d'Antananarivo. La presse malgache la donne également gagnante. Mais le vote est marqué par une forte abstention, au moins 60% selon des estimations non officielles. Les premiers résultats sont tombés dès vendredi soir tard pour la capitale, mais les résultats définitifs dans l'ensemble du pays, eux, ne seront pas connus avant plusieurs jours.

Vendredi 31 juillet, quelque 1.695 communes étaient appelées à élire leurs maires et conseillers municipaux, avec des duels ou triangulaires très attendus, notamment à Fianarantsoa (dans le centre du pays). Mais le véritable enjeu se concentrait à Antananarivo, la capitale du pays.

Avant-goût de présidentielles

Depuis des années la mairie d'Antananativo sert de tremplin présidentiel et la compétition dans la capitale présente un avant-goût d'élection présidentielle en vue de 2018. L'ancien président Marc Ravalomanana (2002-2009), revenu d'exil fin 2014 et libéré de son assignation à résidence, est parti très tôt en campagne pour tenter de placer son épouse Lalao à la tête de la capitale. Elle affrontait la journaliste et chroniqueuse Lalatina Rakotondrazafy, candidate d'Andry Rajoelina, président non élu de 2009 à 2013 et qui comme M. Ravalomanana, ne cache pas sa volonté de revenir au pouvoir.

Le troisième grand candidat à s'être présenté à la mairie d'Antananarivo est  l'homme d'affaires Hery Rafalimanana, favori du camp présidentiel. En 2007, il s'était déjà présenté, mais sous la couleur... de M. Ravalomanana. Si la loi a interdit au chef de l'Etat de faire campagne, ses deux adversaires ne s'en sont pas privé, à grand renfort de distribution de T-shirts ou de concerts populaires gratuits.

Les dernières élections municipales à Madagascar datent de 2007.  Elles avaient permis à M. Rajoelina de devenir maire de la capitale pour ensuite renverser début 2009 le président de l'époque, Marc Ravalomanana, lui-même ancien maire d'Antananarivo de 1999 à 2002.

Antananarivo est la ville malgache qui cumule le plus de problèmes. Embouteillages, difficile ramassage des ordures, trottoirs encombrés de vendeurs, l'insalubrité gagne même le centre-ville. Le maire sortant, le colonel Joseph Ramiaramanana, n'assure qu'un intérim depuis mai 2015.

Baromètre

Ces élections municipales étaient la seule occasion pour les électeurs de s'exprimer avant 2018 et c'est donc un test important, en plein bras de fer entre le chef de l'Etat et les députés de MM. Rajoelina et Ravalomanana. Ces derniers ont tenté coup sur coup au Parlement un vote de destitution fin mai, puis un vote de censure du gouvernement début juillet. Ni la destitution ni la censure n'ayant abouti, les municipales tiennent désormais lieu de baromètre.

En outre, les maires élus iront former le corps des grands électeurs chargés de désigner la chambre haute du parlement prévue par la nouvelle Constitution.