Mali : reprise de la Biennale africaine de la photographie à Bamako

Biennale photo Bamako
Commentaires : Emmanuelle Godard. TV5MONDE

Deux ans que le Mali n'avait pas accueilli la Biennale de la photo de Bamako, en raison des troubles qu'a connu le pays ces dernières années. Aujourd'hui, nouveau départ, nouveaux artistes, et peut-être de belles révélations.

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Des passants dans les rues de Niamey. Un collectif a tenu à rendre hommage au photographe nigérien Philippe Koudjina, celui qui a immortalisé pendant tant d'années ses compatriotes. Du flou, des rayons de lumière, c'est beau une ville la nuit.
 
Rourkalleyni DOURFAYE, photographe nigérien :"Chez nous, la photographie est un art qui reste caché. Les photographes sont là mais vraiment, professionnellement, il reste beaucoup à faire. Nous sommes là pour lancer le défi et aller de l'avant."
 
Une centaine de photographes participe à cette Biennale. Des Rencontres de Bamako qui n'avaient pas eu lieu depuis deux ans en raison du conflit qui minait le nord du pays.
 
Cette année, retour avec le thème : "Telling Time", un jeu de mot, à double sens qui peut être traduit soit par "conter le temps"  soit par "époque révélatrice".
 
Bissi SILVA, Directrice artistique des Rencontres de Bamako :"C'est important que les photographes à travers le continent puissent avoir un endroit pour se rencontrer, montrer leur travail, engager, discuter et aussi planifier des projets pour l'avenir."
 
Autre regard, celui d'une femme qui présente des totems, des femmes voilées, entièrement.
 
Absatou BAGAYA, photographe nigérienne :
"Je les ai photographiées sur un fond blanc pour montrer la beauté des lignes, la beauté de ce qu'elles portent. Je les ai beaucoup magnifiées parce que j'ai réussi à les faire faire en 2 mètres 20, c'est beaucoup plus grand que moi. Donc c'est vraiment pour mettre en valeur la femme nigérienne."
 
Mettre en valeur ou bien exorciser ses peurs comme celle qu'Ebola a provoqué sur le continent, mise en scène par le photographe malien Emmanuel Bakary Daou. Ou encore dénoncer la pauvreté ou la condition des migrants, travail épuré de l'algérien Nassim Rouchiche. Travail sur le temps, ou comment le passé influence le présent...et pourquoi pas l'avenir.