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Maroc : nouveaux heurts entre manifestants et forces de l'ordre à Al-Hoceïma

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©Reuters

A Al-Hoceïma, dans le nord du Maroc, les forces de police ont empêché, la tenue d'une manifestation prévue de longue date. Elle visait à dénoncer la marginalisation de la région. Des affrontements ont éclaté entre des manifestants et les forces de l'ordre, entraînant des dizaines de bléssés des deux côtés.  

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Les forces de police ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des centaines de personnes rassemblées, jeudi 20 juillet, dans différents points de la ville d'Al-Hoceïma. Les manifestants ont répondu par des jets de pierre. Le bilan de ces affrontements font état d'une dizaine de bléssés parmi les manifestants et de près de soixante-dix bléssés parmi les policiers.  
 

Une manifestation interdite par les autorités 

La manifestation, prévue de longue date, était annoncée comme la "marche du million". Elle visait à l'origine à dénoncer la marginalisation de la région. 
Après l'arrestation en mai dernier de Nasser Zefzafi, leader du mouvement de contestation et de plus de 150 de ses partisans, accusés d'"atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat", les manifestants souhaitaient profiter de cette marche pour réclamer la libération de leurs compagnons. 
Dès lundi, les autorités marocaines ont annoncé officiellement l'interdiction de cette manifestation, prévenant que "toutes les mesures nécessaires" seraient prises pour appliquer cette décision. 

Des sympathisants du mouvement arrêtés

Dès le début du rassemblement, peu avant 17h, les forces de l'ordre sont intervenues pour disperser les manifestants. Des heurts ont alors éclaté entre les deux camps. 
Le président  de l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH) à  Al-Hoceïma , Mustapha Allach, a déploré d'"importantes entraves aux libertés". 
"Depuis le début de la contestation, la ville n'a jamais été autant en état de siège", a-t-il indiqué à l'AFP, faisant état de "nombreuses arrestations de manifestants", dont celle de Hamid El Mahdaoui, responsable d'un site d'information local. Une enquête a été ouverte jeudi, par le parquet d'Al-Hoceïma, à l'encontre de ce journaliste marocain, accusé d'avoir "invité" des personnes à "participer à une manifestation interdite et à contribuer à son organisation".  

Une colère qui ne retombe pas dans la région 

Depuis la mort fin octobre 2017, d'un vendeur de poisson, broyé accidentellement dans une benne à ordures, la province d'Al-Hoceïma est le théâtre de nombreuses manifestations pour exiger le développement de cette région que ses habitants estiment délaissée par les autorités. La relance par l'Etat d'un vaste plan d'investissements et de chantiers d'infrastructures n'a pas suffi à désamorcer la colère populaire.
L'arrestation des principales figures du mouvement de contestation en mai dernier ont ravivé les tensions. Selon un dernier bilan officiel, 176 personnes ont été placées en détention préventive.  Des peines allant jusqu'à 20 mois de prison ont déjà été prononcées en première instance.
Sous la pression, les manifestations avaient cessé début juillet et la tension était retombée d'un cran avec le retrait des policiers de lieux publics emblématiques d'Al-Hoceïma. Une accalmie de courte durée comme en témoigne les nouveaux affrontements survenus jeudi dans la ville.