Niger : le candidat de l'opposition à la présidentielle évacué vers la France pour cause de maladie

Hama Amadou, candidat à la présidentielle nigérienne, déjà candidat en 2011, ici en train de voter le 31 janvier 2011.
Hama Amadou, candidat à la présidentielle nigérienne, déjà candidat en 2011, ici en train de voter le 31 janvier 2011.
©APphoto/Tagaza Djibo

L'opposant Hama Amadou, malade, va être évacué vers la France. Le candidat de l'opposition au second tour de la présidentielle est détenu depuis quatre mois. Son état de santé s'est aggravé au cours de ces derniers jours.

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L'opposant Hama Amadou, détenu depuis quatre mois dans la prison de Filingué, et candidat au second tour de la présidentielle au Niger le 20 mars, souffre d'une "maladie chronique" depuis trois ans, d'après ses partisans.

Il doit être rapatrié ce mercredi à Niamey, la capitale, avant d'être évacué vers la France, sans doute Paris à l'hôpital de Neuilly, pour y recevoir les soins appropriés,a expliqué son médecin. "Le président de la République va faire venir un avion médicalisé", a assuré Marou Amadou, le porte-parole du gouvernement et ministre de la justice.

Il avait du être hospitalisé pour la seconde fois en quelques jours après une aggravation de son état de santé, selon son médecin.

"Vers 10H00, son état s'est aggravé (...) il s'est évanoui et a été transporté pour les premiers soins à l'hôpital de district" de Filingué, la localité où est située la prison, à 180 km au nord de Niamey, a dit le Dr Harouna Yacouba sur la télévision locale Labari.

Il a besoin "d'une évacuation" pour "une prise en charge correcte", a expliqué le médecin personnel du candidat, précisant que le centre de soins de Filingué est "dépourvu" des équipements adéquats.

"Je suis inquiet", a lancé le médecin sans préciser ce dont souffre son patient. Une "autorisation d'évacuation" sur Niamey lui a été délivrée par les "ministères de l'Intérieur et de la Justice" mais cette évacuation n'a pas pu avoir lieu, a-t-il dénoncé.

M. Amadou, âgé de 66 ans et qui souffre des yeux selon ses partisans, avait déjà été admis vendredi dans un dispensaire de Filingué pour y être soigné. Mais il avait été ramené en cellule après l'annulation d'une première évacuation vers Niamey, par hélicoptère puis par la route, selon des responsables de l'opposition.

Le secrétaire général du ministère nigérien de la Santé a répondu sur la télévision d'Etat "Télé sahel" reconnaître que "M. Hama Amadou est malade depuis un certain moment".

"Malheureusement l'hélicoptère qui a été mis à sa disposition (vendredi) n'a pas pu décoller", a déclaré le Dr Idrissa Maïga Mahamadou.

"Vus le (mauvais) état de la route et son état de santé, plutôt que de l'évacuer dans une ambulance, le Premier ministre, Brigi Rafini, a jugé utile d'envoyer à Filingué une équipe de médecins spécialistes pour le stabiliser" avant de "voir dans quelles conditions on va l'évacuer à l'hôpital national de Niamey", a-t-il ajouté.

"L'équipe est arrivée à Filingué ce lundi après-midi et est chargée de faire le point. Après leur diagnostic on saura exactement" de quoi il souffre. "Personne ne s'oppose à son évacuation. Une fois qu'il sera mis dans des conditions de voyager, il sera évacué" sur Niamey, a-t-il conclu.

Le 2 mars, l'opposition a réclamé la libération de l'opposant afin qu'il puisse mener sa campagne et affronter en "toute régularité" le président sortant Mahamadou Issoufou.

La cour d'appel de Niamey, qui a examiné lundi une demande de liberté provisoire pour M. Amadou, rendra une décision le 28 mars. Il est poursuivi pour une affaire de trafic d'enfants qui empoisonne le climat politique nigérien depuis deux ans. Le dossier est de "droit commun", selon le pouvoir, mais "politique" selon le candidat, ancien Premier ministre et ex-président de l'Assemblée, écroué depuis le 14 novembre.

Au premier tour de la présidentielle, le 21 février, M. Amadou qui a battu campagne depuis sa cellule, a obtenu 17,79% des suffrages contre 48,41% au président Issoufou. L'opposition, qui réclame sa libération et a dénoncé des fraudes au premier tour, a appelé à un boycott actif du scrutin tout en maintenant la candidature de M. Amadou.