Niger : le président Issoufou réélu

Le président nigérien Mahamadou Issoufou, dans un bureau de vote de la capitale Niamey (Niger), dimanche 20 mars 2016.
Le président nigérien Mahamadou Issoufou, dans un bureau de vote de la capitale Niamey (Niger), dimanche 20 mars 2016.
©AP Photo/Gael Cogne

Le chef d'Etat nigérien sortant Mahamadou Issoufou, 64 ans, a été réélu avec 92,49% des voix pour un deuxième quinquennat lors du second tour de la présidentielle de dimanche, un scrutin boycotté par l'opposition, a annoncé mardi la Commission électorale indépendante.

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Le chef d'Etat nigérien sortant Mahamadou Issoufou, 64 ans, a été réélu avec 92,49% des voix pour un deuxième quinquennat lors du second tour de la présidentielle de dimanche, un scrutin boycotté par l'opposition, a annoncé mardi la Commission électorale indépendante.

Son adversaire, l'opposant Hama Amadou, 66 ans, en détention depuis novembre et qui a été évacué de sa prison vers un hôpital parisien le 16 mars, a recueilli 7,51% des suffrages. Le taux de participation, principal enjeu du scrutin en raison du boycott, a atteint 59,79%, contre 66,8% au premier tour, selon la Céni.

Le premier tour avait été marqué par une forte participation (66,8%). Le président Issoufou avait obtenu 48,43%, l'opposant Hama Amadou, 17,73%.

Lundi, l'opposition, qui s'est félicité de la "réponse positive" du peuple à son appel au boycott, a estimé que la participation était de 11,05%, dénonçant le "bourrage" d'urnes.

"Fondamentalement, le peuple n'a pas voté (...) Nous avions un objectif: montrer que le chiffre de 48% (obtenu par Issoufou) au premier tour était faux et qu'il (Issoufou) n'avait pas de légitimité", avait affirmé Ousseïni Salatou, porte-parole de la Coalition de l'opposition pour l'alternance (Copa), qui avait déjà annoncé qu'elle ne reconnaitrait pas le résultat du scrutin.

Du côté du pouvoir, on estime que la participation  au niveau national s'annonce "comparable ou légèrement inférieure au premier tour", selon le ministre de l'Intérieur Hassoumi Massaoudou.

Une source proche du pouvoir a dénoncé la "surenchère dans le mauvais sens" de l'opposition: "Ce ne sont pas des démocrates. Ils ont perdu et ne veulent pas l'admettre".  

L'Union européenne, qui a "pris note de la baisse de la participation", a estimé lundi que le scrutin "s'est déroulé dans un contexte inédit, un des candidats n'ayant pas été en mesure de faire campagne" et "regretté qu'une partie des électeurs" n'ait pas voté. Elle "plaide pour l'établissement d'un climat politique apaisé, à travers un dialogue inclusif et constructif".

Le président Issoufou est donc reconduit pour un deuxième quinquennat à la tête de ce pays ouest-africain de 18 millions d'habitants parmi les plus pauvres du monde.

Son adversaire, Hama Amadou, ancien Premier ministre, est hospitalisé en France après avoir été évacué depuis sa prison le 16 mars. Il était en détention depuis novembre dans le cadre d'une affaire controversée de trafic d'enfants, un "procès politique" selon l'opposition, un dossier de "droit commun" selon le pouvoir.