Nigeria : les réfugiés pourront-ils voter à la présidentielle ?

Nigeria camp réfugiés
Reportage d'Emmanuelle Sodjy et Caroline Dumay. TV5MONDE. Date : 26/03/2015

Dans le nord-est du Nigeria, au moins un million et demi d'habitants ont fui leurs foyers en raison des violences. Il est donc difficile pour eux d'aller voter samedi, même si des mesures d'urgence ont été prises. Des urnes seront notamment installées dans des camps. 

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A Yola, capitale de l'Adamawa, il y a onze camps comme celui-là. Ici il y a plus de 1 500 personnes. Les autorités peine à suivre le rythme des arrivées. Dernier arrivé, ce groupe de 250 personnes parmi lesquelles des enfants sérieusement mal nourris. Ces gens traumatisés ont fui la région de Gwanza après une attaque meurtrière de Boko Haram. Ils ont marché ensemble pendant sept mois avant de rejoindre Yola. 

"Un jour, Boko Haram est arrivé, raconte Ali Adrawus, réfugié. Il portait des uniformes de l'armé, ils avaient tous un fusil ou une machette. Ils étaient tous armés et on commencé à tirer, alors on s'est enfui".  Durant sa fuite, Ali n'a jamais croisé l'armée. "Il n'y a que Dieu qui nous a aidé à entrer au Cameroun, seulement Dieu", assure Ali. 

De leur côté, les organisations internationales se demandent si ce scrutin est faisable. "A priori d'après les informations que l'on a reçu du gouvernement, les déplacés qui sont au sein même de leur Etat auront la possibilité de voter pour les élections présidentielles", explique Stéphanie Daviot, Office national des Migrations internationales.

Les autorités du Nigeria sont loin de pouvoir faire voter tous leurs réfugiés. Si elles y arrivent, les populations craignent d'autres violences. Boko Haram a promis de tout faire pour que ce scrutin n'ait pas lieu.