Afrique

Nigeria - Des chrétiens massacrés par des musulmans

Les villageois de Dogo Nahawa enterrent leurs morts, le 8 mars 2010, au sud de Jos, au Nigeria
Les villageois de Dogo Nahawa enterrent leurs morts, le 8 mars 2010, au sud de Jos, au Nigeria
(AFP)
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“Le calme est très précaire à Jos“

Le couvre-feu et la présence de l'armée semble avoir un effet limité. Deux personnes auraient été tuées.

Correspondance de Julie Vandal à Jos
11 mars 2010 - 2'35
“Le calme est très précaire à Jos“

Des tirs entendus dans la région de Jos

La tension reste vive après les massacres qui ont fait plus de 500 morts. le gouverneur local accuse l'armée de ne pas avoir assez protégé la population malgré les avertissements.

Récit d'Erwan Braem
10 mars 2010 - 1'08
Des tirs entendus dans la région de Jos

Le village dévasté de Dogo Nahawa enterre ses morts


Retour sur les funérailles et les massacres qui ont endeuillé la communauté chrétienne.

Récit Ilhame Taoufiqi,
JT TV5Monde, 9 mars 2010, 1'45
Le village dévasté de Dogo Nahawa enterre ses morts

La violence intercommunautaire s'est à nouveau déchaînée dans le centre du Nigeria, où au moins 500 habitants de villages chrétiens ont été massacrés les 6 et 7 mars 2010 dans des attaques menées par des éleveurs musulmans, selon un bilan officiel provisoire.
La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a appelé lundi à la retenue. Le Vatican a réagi en exprimant "douleur et préoccupation" face à d'"horribles faits de violence", tandis que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon a exhorté les parties au Nigeria à faire preuve d'"un maximum de retenue".
La présence militaire a été renforcée dans la région, qui avait été placée en état d'alerte maximum dimanche soir sur ordre du président par intérim Goodluck Jonathan.
Les attaques, coordonnées selon des témoins, ont été menées dans la nuit de samedi à dimanche dans trois villages au sud de Jos, capitale de l'État du Plateau, où les violences ethniques et religieuses sont récurrentes.
En trois heures, des centaines de personnes, dont de nombreuses femmes et des enfants, ont été massacrées, tuées à la machettes et brûlées, selon les témoins qui ont décrit de véritables scènes d'horreur.
Les assaillants sont des éleveurs nomades musulmans de l'ethnie fulani, qui ont attaqué des chrétiens sédentaires de l'ethnie berom.

Peter Gyang, un habitant de Dogo Nahawa, le village le plus touché, a perdu sa femme et deux enfants, et a raconté à des journalistes: "ils ont tiré des coups de feu pour effrayer les gens et les ont ensuite tués à la machette".
"L'attaque a commencé vers 3H00 du matin et a duré jusqu'à 6H00. Nous n'avons pas vu le moindre policier", a-t-il ajouté.
Selon Shehu Sani, un militant des droits de l'Homme à Jos, les assaillants ont effectué un tri entre chrétiens et musulmans, en criant le mot "nagge", un mot peul qui signifie "bétail". Ceux qui ne répondaient pas étaient tués, a-t-il dit.
Selon M. Sani, ce massacre a été commis en représailles aux violences inter-religieuses survenues en janvier à Jos et dans sa région, où plus de 300 personnes, essentiellement des musulmans, avaient été tuées par des chrétiens.
Dans une interview à Radio Vatican, Mgr John Onaiyekan, archevêque d'Abuja, a déclaré qu'"on ne se tue pas à cause de la religion, mais pour des revendications sociales, économiques, tribales, culturelles".
"Il s'agit du conflit classique entre bergers et agriculteurs, mais les Fulani (les agresseurs, ndlr) sont tous musulmans et les Beroms (les victimes, ndlr) sont tous chrétiens", a-t-il relevé. Le Forum des Chrétiens de l'État du Plateau a de son côté accusé l'armée nigériane d'être restée passive.

Par Aminu Abubakar, AFP