Nigeria - Le gouvernement contre les “taliban“ nigérians

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«Le reproche qu’on fait au gouvernement, c’est de laisser ce genre de mouvement agir en toute liberté»

Ali Kabré, correspondant à Lagos de RFI et TV5Monde

Un  dernier bilan fait état de 600 morts, dont 200 islamistes, après la fin des combats décrétée par le gouvernement. Sait-on qui sont exactement les 400 autres ?

L’identification se fera lorsque le calme reviendra totalement. Pour l’instant on ne sait vraiment pas qui parmi les
victimes était islamiste et qui ne l’était pas. On a du mal à déterminer qui fait partie de cette mouvance ou qui était simple citoyen.

Vous confirmez la mort du n° 2 de la secte « Taliban », Abubakar Shekau ?

Oui effectivement, il a été tué.

On a finalement assisté durant ces 5 jours à « une répression armée ». Cela veut dire que le gouvernement a choisi la voie de la violence pour résoudre cette crise ?

Non, je pense que les forces de l’ordre étaient dans une position de légitime défense, suite à l’attaque d’un groupe qui veut remettre en cause toute l’organisation sociale, politique et culturelle. Ce mouvement s’attaque aux symboles de l’autorité de l’État, il rejette tout ce qui est démocratique et tout ce qui s’apparente au modèle occidental. Ces islamistes représentent une menace pour le gouvernement. Les forces de l’ordre sont en face d’une organisation qui utilise une méthode de guérilla urbaine et par conséquent, la réaction ne peut qu’être violente.

L’État entrevoit–il un dialogue avec ces islamistes ?

Non. Il n’y a pas de pourparlers prévus entre le gouvernement et cette organisation. Le Sénat s’apprête d’ailleurs à voter un texte sur l’augmentation du budget de la police, afin de mieux équiper les forces de l’ordre pour qu’elles puissent faire face à des agressions de ce genre. Pour le gouvernement, il s’agit de neutraliser une secte qui avait déjà été interdite sur le territoire.
 

A-t-on pu clairement identifier le chef de ce mouvement ?

Jusqu’à présent c’était un peu confus. Mais un certain Mohammed Youssouf a été identifié comme le meneur de ce groupuscule. Il s’est déjà exprimé sur ces affrontements. Il se dit déterminé à lutter contre ceux qui empêchent la stricte application de la loi islamique. Il est en fuite et reste introuvable.


Les combats ont cessé en fin de matinée le 30 juillet. Est-ce simplement une trêve ou la fin définitive des affrontements ?

Cela ne peut être qu’une trêve. L’objectif des forces de l’ordre est de neutraliser les actions de ce groupe dans son bastion, d’arrêter ces activistes et de pouvoir les juger. Le reproche qu’on fait au gouvernement, c’est de laisser ce genre de mouvement agir en toute liberté. Il s’agit donc de rayer cette organisation qui constitue maintenant une réelle menace pour le public. Ses agissements sont contraires à la Constitution qui stipule la liberté d’action et de mouvement pour tout citoyen dans le pays tout entier.

Propos recueillis par Christelle Magnout
30 juillet 2009

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