ONUCI : fin du mandat des casques bleus en Côte d'Ivoire

Treize ans d'ONUCI
©TV5MONDE / Commentaire : M. Roubeaud - Montage : G. Longo

Clap de fin de la mission de maintien de paix des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) ce vendredi 30 juin 2017. L'ONUCI avait succédé en 2004 à la mission des Nations unies en Côte d'Ivoire (MINUCI) pour faire respecter les accords de paix entre les rebelles du nord et les forces gouvernementales dans le pays. Prévu initialement pour un an, la mission s'est prolongée pendant 13 ans.

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Autorisée par la  résolution 1528 du Conseil de sécurité de l'ONU, l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) fut mise en place le 4 avril 2004, mettant fin au mandat de la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire (MINUCI).

Créée près d'un an plus tôt, le 13 mai 2013, celle-ci avait pour objectif de faciliter la mise en oeuvre par les parties ivoiriennes des accords de Linas-Marcoussis, pour mettre fin à la guerre civile dans le pays. La Côte d’Ivoire était alors divisée en deux, suite à la tentative de coup d’Etat du 19 septembre 2002 visant à renverser le régime de Laurent Gbagbo élu en 2000. 

Treize ans de violences et de polémiques

La nouvelle mission ONUCI avait donc pour plusieurs objectifs, dont la protection des populations civiles, et l'appui politique aux autorités ivoiriennes "pour s’attaquer aux causes profondes du conflit et instaurer durablement la paix et la sécurité en Côte d’Ivoire", via le désarmement et la réintégration des rebelles, le dialogue entre les acteurs politiques et le soutien logistique à l'organisation d'élections présidentielles en 2005.

Seulement, en l'espace de 13 ans, la mission de l'ONU a été émaillée de nombreuses violences et controverses, au nombre des quelles les émeutes d'Abidjan en 2007, le scandale d'abus sexuels des casques bleus en 2007, la certification des résultats de l'élection présidentielle de 2010, et les violences post-électorales qui ont suivi, faisant plus de 3.000 morts en cinq mois.

Mission accomplie, selon l'ONU

Au terme de son mandat, "l’ONUCI s'est toutefois félicité de son travail sur le terrain estimant qu'elle "a renforcé la cohésion sociale à travers plus de 1000 projets à impact rapide, et des sessions de dialogues intercommunautaires".

Selon un rapport, publié en avril 2016, du secrétaire général de l'ONU de l'époque Ban Ki-moon, aucune autre mission ne succédera à l'Onuci "étant donné la trajectoire positive de la Côte d'Ivoire".

Jeudi 28 juin 2017, la chef de l'ONUCI, Aïchatou Mindaoudou, assisté à une cérémonie de descente du drapeau de l'ONU à son siège de Sebrokro, près du quartier du Plateau à Abidjan, en présence du ministre ivoirien de l'Intérieur, Ahmed Bakayoko. "Cette cérémonie émouvante est l'expression d'une mission réussie de l'Onuci en Côte d'Ivoire", a déclaré le ministre d'Alassane Ouatara, se disant "fier du travail accompli par tous les agents". Ces agents de l'ONUCI ont "contribué au retour et au maintien de la paix" dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, a-t-il martelé, soulignant que la "mission a été un vrai succès". De son côté, Mme Mindaoudou a expliqué le succès, selon elle, de la mission par "l'engagement du gouvernement et de l'ensemble des Ivoiriens".

Un bilan controversé

Reste que la situation en Côte d'Ivoire est loin d'être apaisée. Pour preuves, les récentes mutineries dans les rangs de l'armée et la difficile intégration des anciens rebelles, la circulation toujours en cours de nombreuses armes dans le pays avec la découverte d'une cache d'armes en mai 2017 à Bouaké, et l'absence de procédures judiciaires contre d'anciens chefs rebelles, coupables d'exactions et de violations des droits de l'Homme. 

Pour une partie des Ivoiriens, notamment les partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo, l'ONUCI a failli à sa mission, notamment lors de son intervention militaire pendant la crise postélectorale. Accusée d'être une "force partiale", elle n'aurait selon eux pas fait preuve de la neutralité nécessaire pour contribuer à restaurer la cohésion sociale dans le pays.