Ouattara-Gbagbo, dix ans de rivalité

Depuis vingt ans ils occupent le devant de la scène politique ivoirienne. Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara : les deux adversaires sont de la même génération mais tout les oppose. Retour chronologique sur les principaux événements de Côte d'Ivoire depuis 2000, quand les deux hommes ont entamé leur guerre sans merci.

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- 26 octobre 2000 : l'opposant Laurent Gbagbo accède à la présidence à l'issue d'une élection controversée dont ont été exclus Henri Konan Bédié (ex-président renversé fin 1999) et l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara. L'investiture a été précédée de trois jours de violences politiques et parfois ethnico-religieuses.

Reportage d'Eric Monier de France 2. La liste des candidats retenus pour l'élection présidentielle a été annoncée. La candidature de l'ancien Premier ministre Ouattara a été rejetée ainsi que celle de tous les représentants de l'ancien parti au pouvoir. 07/10/2010 (durée : 2'10)


- 19 septembre 2002 : début d'une rébellion militaire, avec des attaques visant le coeur du pouvoir à Abidjan, Bouaké (centre) et Korhogo (nord). Elle échoue à renverser M. Gbagbo et se replie sur le nord, dont elle prend le contrôle.

- 24 janvier 2003 : les principaux partis et les mouvements rebelles signent à Marcoussis (France) un accord prévoyant un partage du pouvoir, avec le maintien au pouvoir de M. Gbagbo et un gouvernement incluant les rebelles. Manifestations antifrançaises par des organisations proches du président pour dénoncer les accords.

Reportage de Hervé Ghesquière de France 2. L'accord de Linas-Marcoussis, qui pourrait sortir la Côte d'Ivoire de la crise, provoque à Abidjan la révolte des partisans du président Laurent Gbagbo, ainsi qu'un fort sentiment anti-français. 24/01/2003 (durée : 2'30)


- 6 novembre 2004 : deux jours après la relance du conflit par des raids aériens contre des rebelles, neuf soldats français sont tués dans un raid loyaliste à Bouaké. Les militaires français détruisent une partie de l'aviation ivoirienne. Manifestations antifrançaises et exactions provoquent le départ de plus de 8.000 Français.

Récit de Richard Binet de France 2 sur les événements successifs de la guerre civile qui sévit en Côte d'Ivoire depuis septembre 2002. Face à face : les forces loyalistes du président Laurent Gbagbo et les forces rebelles d'opposition. Les interventions de la France, sur les plans militaire et diplomatique, visent à aider la Côte d'Ivoire à sortir de cette crise.


- 21 octobre 2005 : l'ONU accepte le maintien de M. Gbagbo à son poste au terme de son quinquennat, en lui adjoignant un Premier ministre doté de "tous les pouvoirs nécessaires". En décembre, Charles Konan Banny est nommé Premier ministre.

- 4 mars 2007 : Laurent Gbagbo et le chef de la rébellion rebaptisée Forces nouvelles (FN) Guillaume Soro signent l'"accord politique de Ouagadougou". Le 29, Soro est nommé Premier ministre.

- 31 octobre et 28 novembre 2010 : élection présidentielle, reportée six fois depuis 2005. Le pays est déchiré par une meurtrière crise post-électorale entre le chef de l'Etat sortant Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, reconnu président par la communauté internationale.

- 6 janvier 2011 : Washington gèle les avoirs de Gbagbo.

- 2 février 2011 : l'UE porte à 91 le nombre de personnes sanctionnées pour leurs liens avec le camp Gbagbo, auxquelles s'ajoutent 13 entreprises, notamment dans le secteur du cacao.

- 28 mars 2011 : début d'une offensive vers le Sud des forces de Ouattara, qui prennent en quatre jours le contrôle de quasiment tout le pays. Le 31, les Forces républicaines de Ouattara entrent à Abidjan. Début des combats entre militaires fidèles à Gbagbo et forces pro-Ouattara. Sanctions de l'ONU contre Gbagbo, son épouse Simone et trois autres proches.

- 4 avril 2011 : l'Onuci, la force de l'ONU, et Licorne, la force française de soutien à l'ONU, frappent à Abidjan les derniers bastions de Gbagbo.

- 11 avril 2011 : Gbagbo est arrêté par les forces de Ouattara et conduit à l'Hôtel du Golf, QG du camp Ouattara dans Abidjan.