Ouganda : comprendre le virus mortel Ebola

Des employés de l'Organisation Mondiale de la Santé à Kagadi dans l'ouest de l'Ouganda - photo AFP
Des employés de l'Organisation Mondiale de la Santé à Kagadi dans l'ouest de l'Ouganda - photo AFP

Le virus Ebola, extrêmement mortel, a fait son retour en Ouganda. Le pays et ses voisins sont en alerte. Notre dossier mis à jour.

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Entretien : “Pour éviter les transmissions ? l'hygiène !“

François Bricaire est médecin chef du service maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris.

Le docteur François Bricaire
Le docteur François Bricaire
Comment se manifeste ce virus ?

C’est une infection grave qui donne des fièvres hémorragiques. En général, le temps d’incubation, entre la contamination et le début des symptômes, est de l’ordre de 5 à 10 jours, ça va jusqu’à 18 jours en général. 
Les symptômes sont une fièvre brutale, des douleurs musculaires, des maux de tête, des maux à la gorge, des troubles digestifs avec des vomissements et souvent de la diarrhée et puis éventuellement une éruption de boutons un peu comme pour la rougeole.
La fièvre dure, avec éventuellement une aggravation parce que ce sont souvent des formes sévères d’Ebola avec des troubles de la conscience, un coma, une insuffisance rénale, des troubles hépatiques et puis des hémorragies.

Où sévissent ces épidémies du virus Ebola en général ?

Dans certaines zones de l’Afrique limitées géographiquement et qui restent localisées dans des milieux ruraux.
Souvent, le virus se développe par des contacts en forêt. Il y a un réveil du virus peut-être à partir des chauves-souris qui contaminent des singes. Les singes de la forêt, eux,  contaminent les chasseurs et ça donne une épidémie locale.
Les gens se transmettent le virus d’un individu à un autre par la sueur, les selles, les mains sales.
En Afrique, il y a aussi une autre manière de se contaminer dans les gestes mortuaires. Une personne qui vient de mourir d’une fièvre Ebola ses parents, ses proches prennent le corps pour faire les cérémonies rituelles et à ce moment-là ils se contaminent.

Comment éviter alors les transmissions ?

L’hygiène ! Se laver les mains. Quand les équipes de santé du pays arrivent, ils se protégent en portant avec des gants et des désinfection. Il ne s’agit pas seulement de s’habiller en cosmonaute mais de se protéger pour éviter la transmission.

Quel est le taux de mortalité du virus Ebola en général ?

Globalement, la mortalité pour l’Ebola est de l’ordre  de 50 à 80%. C’est énorme ! Ça fait parti des virus qui tue le plus. Les décès sont les plus fréquents au début de l’épidémie, et après, ça diminue parce qu’on prend des précautions pour éviter la transmission du virus.
Pour le moment on n’a pas beaucoup de traitements efficaces. Des tests ont été faits avec des anti-viraux mais ça n'a pas marché. Il y a eu des essais avec la prise d’anticorps de sujets qui avaient été malades pour les transférer à des sujets en période de maladie et leur donner une protection pour essayer de les guérir. Mais c’est compliqué surtout quand on est en Ouganda.

Peut-on détecter ce virus ?

Il y a des techniques de laboratoire pour détecter le virus et la présence d’anticorps. On sait faire le diagnostic mais bien sûr il faut un laboratoire de virologie spécialisé. Je ne suis pas sûr qu'il y en ait un dans la capitale ougandaise.

Témoignage

01.08.2012Par Linda Giguère
Ruben Pottier est chef de mission pour Médecins Sans Forontières à Kagadi dans l'ouest de l'Ouganda, l'épicentre de l'épidémie. Dans le journal Afrique de ce mercredi 1er août, il fait le point sur la situation.
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En images : les dernières informations

01.08.2012Par Nicolas Dudouet
Alors qu'en Ouganda la maladie a fait une quinzième victime (morte dans un hôpital de la capitale Kampala), les pays voisins sont en alerte. Kenya, Soudan du sud, Rwanda et Tanzanie conseillent à leurs populations de signaler tout symptôme pouvant évoquer la maladie. 
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