Présidentielle togolaise : entretien avec Pascal Bodjona

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«Si le choix du peuple est contraire à nos aspirations, nous le respecterons»

Pascal Bodjona, porte parole du Gouvernement, ministre de l'Administration territoriale

Comment se déroule l’élection présidentielle ?

Le scrutin se déroule dans le calme et la sérénité sur toute l’étendue du territoire. Tout processus électoral peut avoir quelques insuffisances, mais celui-ci est globalement consensuel. Les conditions d’organisation de cette élection ont été fixées par l’ensemble de la classe politique. Presque tous les délégués des candidats sont présents dans les bureaux de vote et nous pensons que le processus électoral en cours respecte les normes internationales pour une élection transparente, crédible et démocratique.

L’opposition fait état depuis quelques semaines de fraudes en préparation…

C’est déplorable de crier à la fraude avant le vote, pour une opposition qui pourtant participe à l’élection mise sous surveillance accrue. Les observateurs internationaux tant de l’Union européenne que de l’Union africaine sont présents au Togo, ils sont des témoins privilégiés et je pense qu’ils sauront rendre compte de façon indépendante et neutre du caractère sérieux de ce scrutin.

Vous êtes confiants pour votre camp ?

Nous sommes confiants parce que nous nous sommes engagés à organiser une élection transparente et nous respecterons la volonté du peuple togolais.

Et si la volonté des Togolais était justement de choisir un candidat de l’opposition pour le diriger?

L’opposition crie déjà à la fraude. Nous sommes sûrs que ce processus électoral est clair et que les Togolais porteront leur choix sur notre candidat. Le président Faure Gnassingbé, parmi les sept candidats, est le seul à pouvoir afficher un bilan de gouvernement. Si le choix du peuple est contraire à nos aspirations, nous le respecterons. Le pays ne va pas être à feu et à sang parce que l’opposition ou le parti au pouvoir auront perdu l’élection. L’engagement du chef de l’État est de préserver la paix dans le pays quel que soit le résultat à l’issue du vote.

Avez-vous prévu des mesures pour éviter les violences comme lors de la dernière élection ?

Les Togolais ne veulent plus de violences politiques. D’après les observateurs, la campagne électorale s’est déroulée en toute sérénité, malgré quelques tensions provoquées par certains acteurs politiques. Je rappelle que nous sommes un État de droit et qu’il existe des voies légales pour contester des résultats électoraux. Personne ne pourra profiter du processus électoral pour provoquer des troubles. L’État ne va pas se plier devant tous ceux qui auront décidé d’engager le pays sur la voie de la violence.

Quel bilan tirez-vous du premier mandat du Faure Gnassingbé ?

L’apaisement politique est un fait au Togo aujourd’hui. Et nous le devons au président Faure. La liberté de la presse a été consolidée. Le Togo peut se prévaloir d’avoir entièrement dépénalisé le délit de presse. Le Togo a aboli la peine de mort.

Sur le plan économique, le Togo a repris ses relations avec les institutions financières internationales et l’Union européenne (ndlr : le Togo avait vu son aide internationale suspendue pour déficit démocratique), et nous avons le satisfecit des bailleurs de fonds.

Les progrès sont visibles sur le plan social. Le Togo est en train d’ouvrir de grands chantiers pour le renouvellement de ses infrastructures. Nous avons pris beaucoup de retard en matière de croissance depuis deux décennies et les attentes de la population sont énormes.

En quoi justement la politique de Faure Gnassingbé serait-elle différente de celle de son père ?

L’opinion tente toujours de lier la politique de Faure à celle de son père et c’est regrettable. C’est à partir du moment où Faure est arrivé au pouvoir que nous avons connu un apaisement politique réel. C’est parce que le président Faure a créé un climat de confiance dans le processus électoral que certains hommes politiques ont pu être élus à l’Assemblée nationale.

Le gouvernement actuel a fait l’effort d’intégrer près de 20 000 jeunes dans la fonction publique en 3 ans. La réforme de la justice est en cours et nous avons créé la Cour des comptes pour assainir les finances publiques. Autant de réformes qui inspirent la confiance et font penser que les changements ont été faits. Mais c’est avec tous les Togolais que nous relèverons les défis de développement et de reconstruction de notre pays.

Quel sont vos ambitions si votre camp est réélu ?

C’est le changement dans la continuité, le changement avec tous les Togolais.

Propos recueillis par Christelle Magnout
4 mars 2010