Afrique

Présidentielle togolaise : les principaux candidats

Le candidat de l’Union des forces du changement (UFC), Jean-Pierre Fabre (G) et le président du parti, Gilchrist Olympio, lors d'un meeting le 2 mars 2010 à Lomé
Le candidat de l’Union des forces du changement (UFC), Jean-Pierre Fabre (G) et le président du parti, Gilchrist Olympio, lors d'un meeting le 2 mars 2010 à Lomé
AFP
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Sept candidats s'affrontent le jeudi 4 mars pour l''élection présidentielle à un tour : Faure Gnassingbé du Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir depuis 40 ans) et le candidat de l’Union des forces du changement (UFC), Jean-Pierre Fabre, choisi par une coalition de quatre partis politiques, sont les deux prétendants susceptibles d'être élus à la présidence de la République.

Élection présidentielle au Togo, les forces en présence

Faure Gnassingbé

Son père le général Eyadéma a régné pendant 38 ans sur le Togo, jusqu’à son décès en 2005. Faure Gnassingbé a pris les rênes du pays en février de la même année, au terme d’une élection très contestée. Les résultats du scrutin en faveur du fils du dictateur disparu avaient provoqué des violences et fait plus de cinq cents morts.

Le candidat du RTP
(Rassemblement du peuple Togolais) au pouvoir depuis quatre décennies, né le 6 juin 1966 à Afagnan dans le sud-est, du Togo a notamment étudié l'économie et la gestion à l'université Paris-Dauphine en France, et à l’université George Washington aux Etats-Unis. Il a construit son parcours politique dans le sillage de son père dès 1999.

Ce quadragénaire, toujours en quête de légitimité dans son pays défend l’idée d’un Togo fort et prospère. Ses partisans dresse un bilan positif de ses cinq premières années de mandat : il aurait modernisé le système de santé, amélioré le système éducatif, relancé l’agriculture et aurait réduit le chômage.
Des résultats que lui contestent ses adversaires politiques. Pour eux, Faure Gnassingbé est avant tout un héritier du clan Eyadéma qui poursuit une politique autoritaire vieille de près d’un demi-siècle avec le soutien de l’armée.

Jean Pierre Fabre

Il est considéré comme l'un des adversaires sérieux du président sortant. À 58 ans, le candidat de l’UFC (l’Union des forces de changement) a par ailleurs été choisi par plusieurs autres prétendants à la présidence pour représenter le Frac.

Le Front Républicain pour l’Alternance et le Changement est ainsi composé de plusieurs formations politiques dont Sursaut-Togo du Franco-togolais Kofi Yamgnane (dont la candidature à l’élection présidentielle a été rejetée par la Cour constitutionnelle togolaise).
Le Frac se présente comme une véritable alternative après 50 ans d’une gestion jugée calamiteuse du pays par le clan Eyadéma.

La coalition décline son programme en trois idées essentielles :
• Le développement humain qui vise la réalisation du bien-être de tous ;
• Le développement solidaire et durable comme moyen pour le développement social et culturel ;
• Les activités devant contribuer à l’établissement d’un environnement propice à un développement durable et partagé
Ce natif de Lomé, titulaire d’un DESS en sciences économiques obtenu à l’université des Sciences et Techniques de Lille, milite depuis des décennies pour la justice et la démocratie dans son pays, s’exposant au régime dictatorial de Gnassingbé Eyadema.

Messan Agbéyomé Kodjo

En 2001, Messan agbéyomé kodjo dénonce ouvertement l’intention du président Eyadéma de vouloir modifier la Constitution pour briguer un énième mandat en 2003. Il entre en conflit avec le dictateur et fuit en France où il vivra 3 ans en exil entre 2002 et 2005. L’ex-Premier ministre entré en résistance retourne au Togo après la mort de Gnassingbé Eyadéma.

À 56 ans, le candidat de L’OBUTS (L’Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire) prétend sortir le Togo de son « anachronisme », en combattant la pauvreté qui touche près des 2/3 de la population. Il promet d’améliorer l’état des infrastructures sociales fortement dégradées, de combattre les maladies endémiques et le sida dont les ravages se font cruellement ressentir au sein de la population, sans oublier de s’attaquer à la dette publique, par ailleurs très élevée au Togo.

Un scrutin sous haute surveillance

Frontière terrestres fermées, le Togo vivra cette nouvelle présidentielle sous haute surveillance. Les fantômes sanglants de 2005 hantent encore les esprits.
Récit de Jean Luc Eyguesier, 1'58
Un scrutin sous haute surveillance

Les jeunes désenchantés appellent un renouveau politique

Étudiants ou travailleurs, les jeunes togolais ne se reconnaissent pas dans une classe politique vissée à ses fauteuils et autres prérogatives.
Reportage à Lomé d'Emmanuelle Sodji, 2'04
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