RCA : Situation humanitaire préoccupante à Bria

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Commentaire : F. Lozach ; Images : S. T. Nzam ; Montage : R. Monjanel

Bria, à l'Est de la République centrafricaine, compte parmi les villes touchées par les dernières violences opposant rebelles Seleka et milices anti-Balaka. La majorité de la population est aujourd'hui déplacée.

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« On se rend compte immédiatement que c'est tout un village qui s'est créé. » Najat Rochdi est coordinatrice humanitaire des Nations unies en République centrafricaine. Plus de 80 % de la population de Bria, ville de l'Est du pays comptant 47 500 habitants, s'est déplacée à proximité du camp de base de la mission onusienne dans le pays (Minusca) pour échapper aux violences opposant l'ex-coalition rebelle Seleka aux milices anti-Balaka.

Pour rappel, des civils, inclus des femmes et des enfants, ont été attaqués en mai 2017 par des groupes armés. Des centres d'accueil de déplacés et des hôpitaux ont été visés. « Des attaques, parfois sur les fondements ethnique et religieux, continuent de cibler des personnes et lieux protégés dans plusieurs villes de la République centrafricaine notamment à Bangassou, à Bria et à Alindao », avait alors dénoncé la Minusca. Elle rappelait également que ces actes « peuvent constituer des crimes contre l'humanité ». Ces violences ont causé plus de vingt morts à Bria, avant que les Casques bleus ne reprennent la situation en main. Ces derniers ont eux-mêmes été la cible d'attaques entre le 8 et le 13 mai.

« Chez nous on vit mieux »

Mais l'urgence est aussi alimentaire, à Bria comme dans une grande partie du pays. Aujourd'hui, la moitié de la population centrafricaine peine à combler ses besoins nutritionnels minimaux. « On nous donne ici un peu de riz, des petits pois et du sel mais ça ne nous suffit pas, chez nous on vit mieux, témoigne Albertine Kossou, une déplacée. Impossible d'aller au champ. Même le champ le plus proche à cinq kilomètres, c'est impossible de s'y rendre. ».

Alors que la Minusca a subi en mai 2017 ses plus lourdes pertes en trois ans de présence, le pays se retrouve à nouveau au bord d'une crise sécuritaire généralisée : le nombre de déplacés internes a dépassé la barre des 500 000 personnes, tandis que les Nations unies sont encore loin d'avoir obtenu les financements nécessaires pour couvrir les besoins humanitaires du pays.