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RD Congo : "Des criminels allaient s'infiltrer dans les manifestations" selon Kinshasa

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Interview par téléphone de Lambert Mende, porte-parole du gouvernement de République Démocratique du Congo (RDC) le 1er janvier 2018
©TV5MONDE / Mylène Girardeau

Dans un entretien accordé à TV5MONDE, le porte-parole du gouvernement congolais rejette la responsabilité des violences sur les organisateurs des manifestations d'opposants dimanche 31 décembre. Les violences ont fait au moins 4 morts, pour l'essentiel à Kinshasa.

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Les violences qui ont émaillé plusieurs manifestations contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila ont coûté la vie à au moins quatre personnes (dont un policier, selon un bilan officiel) dimanche 31 décembre. Un responsable de l'ONU évoque le chiffre de huit morts, dont sept à Kinshasa.

Le porte-parole du gouvernement, interrogé par téléphone sur TV5MONDE, rejette la responsabilité sur les organisateurs des manifestations qui n'auraient pas respecté la loi, selon lui : "Les organisateurs de ces manifestations (...) n'ont pas écouté le point de vue de la municipalité et nous regrettons vivement qu'il y ait eu des pertes en vies humaines, y compris certains policiers."
 

"Des criminels allaient s'infiltrer"


Lambert Mende explique : "Nous avions des informations de nos services d'intelligence indiquant que des criminels allaient s'infiltrer dans les manifestations. (...) Nous attendons que l'enquête puisse nous éclairer sur (...) ce qu'il s'est passé. "


Selon l'AFP, les forces de sécurité sont intervenues lors de messes religieuses à coups de gaz lacrymogènes. Ce que refuse de confirmer ou de démentir Lambert Mende. "On nous a dit ça. Nous enquêtons et nous attendons le résultat de l'enquête" se contente-t-il de répondre.
 

L'avenir politique de Joseph Kabila


Des violences qui n'ont pas été évoquées par Joseph Kabila lors de ses voeux télévisés, diffusés dimanche soir. Pour le porte-parole du gouvernement, "le président est à Lubumbashi. Il n'a pas le don d'ubiquité pour savoir ce qu'il se passe partout dans le pays en même temps. Et le président dépend pour être informé de l'enquête qui est en train d'être initiée."

Concernant l'éventualité d'un nouveau mandat pour le président sortant, Lambert Mende s'étonne d'abord de la question de TV5MONDE : "pourquoi avez-vous besoin de savoir quoi que ce soit sur son avenir ?" avant de s'emporter : "ce n'est pas parce qu'il n'a pas dit s'il se représentait ou pas qu'il faut tuer des gens, assassiner des policiers, envoyer des jeunes gens caillasser la police et se faire matraquer. (...) Ce sont des procès d'intention, nous sommes fatigués avec ça", termine le porte-parole du gouvernement.

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